.:.Chronique.:.

Pochette

Gaugh, Micah

The Blue Fairy Mermaid Princess

[Africantape::2013]

|01 You and Me and Me|02 Molly|03 Girl|04 Oh When My Lady Comes|05 Fly|06 Crystall Ball|07 Hunger|08 Cat Club Tree House|09 El Mar Rojo|10 Cigarette|11 Pretty Kitty|12 Mood Vertigo|

Ce disque est vraiment sorti de nulle part. Une véritable exhumation. Déjà, qui pouvait bien se souvenir de Micah Gaugh ? A part Kevin Shea (Storm and Stress, Get the People, Hey ! Tonal) et la faune underground de New York on ne voit pas bien qui aurait pu miser un kopeck sur le bonhomme. C'était sans compter les franc-tireurs de chez Africantape qui ne sont pas sans connexion avec Kevin Shea et ce depuis quelques temps déjà. Micah Gaugh aura mis du temps à sortir de l'ombre. Même s'il a fait partie de l'aventure Storm and Stress, nous n'avons quasiment aucune trace discographique de lui. De plus, The Blue Fairy Mermaid Princess ne comprend que des morceaux datant de la fin du siècle dernier enregistré pour la plupart en live par Kevin Shea. Donc, oui, de l'exhumation pure et dure. Et tant mieux d'ailleurs, sinon il aurait été probable que ces enregistrements seraient restés encore longtemps dans un carton. Les morceaux réunis ici, qui ont été donc pris sur le vif entre 1994 et 1997 et tiennent souvent de la performance free jazz. On ne cherche donc pas la justesse du propos mais bien de dégager une forte émotion, un retournement de boyaux mais aussi une sorte de mise en abîme d'une violence qui ne se contient pas toujours. Micah Gaugh est le genre de chanteur performeur complètement possédé par ce qu'il fait. Et cette possession s'accompagne des déambulations saxophoniques dans la plus pure tradition free. A chaque fois dans ce genre d'exercice il y a un petit peu de mysticisme, une forme de chamanisme qui vous trouble nécessairement. Il y a donc de la passion dans ce que fait Micah Gaugh, ici accompagné de l'inévitable Kevin Shea et de Daniel Bodwell, et il aurait été dommage que tout cela se perde dans les seules mémoires des musiciens ici présents et de ceux qui ont pu les voir en live. Ce disque est quasiment un témoignage des nuits fiévreuses de New York. On trouve cependant un peu dommage que certains morceaux aient été raccourcis. Nous n'en avons pas les raisons. Peut-être que ces titres là, dans leur entièreté, n'étaient pas pertinent. En tout cas, quinze ans après, le trio s'est reformé et recommence à tourner. Ce disque nous met fatalement l'eau à la bouche.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 07-05-2013

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