.:.Chronique.:.

Pochette

Mertens, Wim

Maximizing the Audience

[Les disques du crépuscule::1985]

|01 Circles|02 Lir|03 Maximizing the Audience|04 The Fosse|05 Whisper Me|

Tout le monde connaît Wim Mertens ou, du moins, a entendu une fois dans sa vie l'un de ses morceaux. Parmi les plus connus on peut citer Struggle for Pleasure, 4 Mains, Close Cover, Iris, Lir ou Often a Bird. On met plus difficilement un nom sur sa musique mais, elle, elle a fait assurément le tour du monde. Mertens s'est surtout fait connaître pour le bande originale du film Le ventre de l'architecte de Peter Greenaway. Nombreuses de ses réalisations ont été reprises pour illustrer qui des pubs, qui des films mais il serait malencontreux de résumer Wim Mertens à cela même si cela lui a permis de se faire connaître, souvent inconsciemment, du grand public. En effet, Mertens est quelqu'un de prolifique ayant sorti une soixantaine de disques en un peu plus de trente ans d'activité. Rapidement, il a été attiré par l'école des minimalistes dont il fait désormais parti aux côtés des Philip Glass, Steve Reich et autres Michael Nyman mais Mertens est sans doute le plus sentimental d'entre eux. Mais on se tromperait là encore si on devait s'arrêter au sentimentalisme qui baigne dans l'univers du compositeur belge. Son approche musical, même si elle contient des lieux communs, est bien plus vaste et ne peux raisonnablement se focaliser sur ce qui a fait sa renommée (Struggle for Pleasure etc...). Dès lors, il apparaît assez difficile de choisir un disque parmi sa discographie. Difficile de choisir quelque chose qui pourrait être symptomatique de son œuvre tant ce choix pourrait s'arrêter sur bon nombre de ses albums.

Maximizing the Audience s'est révélé être un bon compromis. Non pas parce qu'il est l'un de ses albums les plus connus mais surtout parce qu'il est l'un des plus abouti. Et, franchement, c'est un moindre mal. Chacun des morceaux qui constituent ce disque font quasiment figure de classique dans le cheminement artistique de Mertens. Ce disque, qui fait parti de ses premières armes (il faut prendre en compte également tous les disques qui sont sortis sous le nom de Soft Verdict), forme ce qu'il y a de plus classique chez lui mais aussi de plus passionnant. De longs développements (les morceaux qui atteignent les vingt minutes ne sont pas rares chez lui) fait de boucles qui dévient peu à peu pour parfois revenir à leur point de départ mais qui ne savent pas tenir en place. Le tout est toujours porté par une beauté mélancolique qui peut se laisser tenter par l'épique et les chevauchées fantastiques. Mais ce qui compte surtout c'est cette justesse mélodique, presque simpliste par moments, qui fait mouche quasiment à chaque fois. Pour autant, malgré la masse de ses créations, tout n'est pas du même niveau et il existe une certaine inégalité entre ses albums. Personnellement, j'ai toujours eu une grande préférence pour ce qu'il a pu réaliser dans les années 80. Ce qu'il a fait n'a pas toujours été à la hauteur ou il s'est aventurer sur des chemins plus avant-gardistes ce qui n'est pas forcément le plus intéressant chez lui. Ce qu'il a pu faire dans les années suivantes n'est pas fatalement à bouder, bien au contraire, mais il y a certainement plus de tri à faire et on ne retrouve pas toujours l'universalité de morceaux comme The Fosse ou Whisper Me qui figurent sur ce disque d'une perfection intemporelle.

note : 10

par Fabien, chronique publiée le 06-05-2013

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