.:.Chronique.:.

Pochette

Summer

French Manucure

[Autoproduction::2013]

|01 Sombre timide|02 Market Core|03 Pénétration|04 Dur facile|05 Age christique|06 Marx Dormoy|07 Erreur faciale|08 Salon de coiffeur|

Jean, on ne le changera plus. On l'a toujours connu comme ça et c'est un peu comme ça marque de fabrique, indélébile, inscrit à jamais dans son ADN. Par contre, c'est sur tout le reste que Summer a évolué et ce n'est pas une mince affaire. Découvert sur RDV Drague, on avait déjà senti que le groupe commençait à gravir les marches sur Kimy EP. Avec French Manucure, le premier disque sans l'influence directe de Michel Cloup, Summer, on voit s'éloigner de plus en plus le spectre de Diabologum pour voir le groupe prendre la mesure de ce qu'il est et avancer sans les fantômes du passé. Ainsi, ce qui a été initié sur le Kimy EP porte ici ses fruits. Si les textes sont toujours aussi acerbes, montrant que l'amour est aussi une violence, Summer poursuit sa mutation sonore, se voulant plus intransigeant que jamais et tout aussi implacable. Le trio est ici dans un rapport de force qui fait inévitablement des dégâts. Nous ne sommes plus dans la noire contemplation et le simple dégoût de ses contemporains. Summer est à présent dans une démarche plus active, en position de combat. French Manucure hausse le ton et on ne sait pas encore très bien où cela va s'arrêter. Peut-être que Summer ne s'accorde aucune limite à son évolution. Mais, des limites, on sait qu'il y en a et que la source d'inspiration du groupe se tarira un jour. Pour autant, c'est loin d'être le cas ici et on voit bien que la formation est plutôt sur une pente ascendante dont on ne voit pas encore le sommet. Plus agressif que jamais, Summer soigne son apparence et si la musique couvre assez souvent la voix de Jean, comme si celui-ci prêchait dans un désert, on reste impressionné par la force du propos global. Les textes de Jean avaient sans doute besoin d'une musique aux accents plus direct , plus proches de schémas angulaires, tribaux par moments, qui pourraient autant rappeler les souvenirs de Joy Division ou ceux de Killing Joke. On ne plaisante donc pas avec Summer qui n'a rien d'un groupe d'estivant et le malaise, toujours palpable, prend une tournure inattendue. Comme toujours avec Summer on arrive à trouver du plaisir là où il n'y a qu'une mise en abîme de l'être humain. C'est peut-être une forme de masochisme. En tout cas, French Manucure reste un album percutant, brut de décoffrage et proprement dévorant. Incontournable.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 23-04-2013

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