.:.Chronique.:.

Pochette

Long Fin Killie

Houdini

[Too Pure::1995]

|01 (a) Man Ray|02 How I Blew It With Houdini|03 Homo Erectus|04 The Heads of Dead Surfers|05 Montgomery|06 Love Smothers Allergy|07 Hollywood Gem|08 The Lamberton Lamplighter|09 Corngold|10 Idiot Hormone|11 Rockethead on Mandatory Surveillance|12 Flower Carrier|13 Unconscious Gangs of Men|

Le label Too Pure c'est toute une époque. Surtout celle des 90's, son âge d'or. Cette structure anglaise, affiliée à Beggars Banquet, aura été l'un des fers de lance de la dernière décennie du XX ème siècle. Même si son influence a lentement décliné dans les années 2000, le label nous aura quand même fait connaître PJ Harvey, Stereolab, Pram, Moonshake, Seefeel, b>Th'Faith Healers, Laika, Jack, Hefner ou Mouse on Mars. Ce n'est pas rien. Et parmi toute cette belle brochette il y a eu l'ovni Long Fin Killie, groupe emmené par l'emblématique Luke Sutherland. Le groupe n'aura pas vécu très longtemps (à peine quatre ans) mais il aura su nous éblouir avec trois albums et une poignée de singles. Le premier de ces albums, Houdini, a nourri à l'époque d'énormes espoirs. Dès le départ on sait que Long Fin Killie est un groupe atypique et qu'il ne va cesser de cultiver sa singularité. Houdini, donc, comme pour baliser le terrain et bien faire comprendre que, dans le fonds, Long Fin Killie est un tour de prestidigitation. Mais pas n'importe lequel, pas de ceux qui animaient les kermesses ou les spectacles de fin d'année dans les hospices. On parle ici de quelque chose qui éblouit les yeux et les oreilles, quelque chose dont on sait qu'il sera inutile d'imiter parce que le groupe aura su se créer une identité beaucoup trop forte.

En un mot comme en cent Houdini est un choc quand il surgit de presque nulle part en 1995. Et pourtant, Long Fin Killie ne convainc pas tout le monde, certains les trouvant trop prétentieux voire chiant comme la mort ou même inécoutable. Des jugements terriblement injustes car Houdini est à mille lieux d'être un disque de seconde zone. Alors on a voulu les affilier au shœgaze, au post-rock naissant ou, tout bonnement, à un art-rock qui n'était pas forcément taillé pour eux. Non, Long Fin Killie, finalement, n'appartenait qu'à lui même et pas à un genre en particulier. C'était d'abord une voix inoubliable et singulière, celle de Luke Sutherland, des structures mélodiques complexes mais pleines de poésies et d'envolées héroïques et, enfin, cette manière toute particulière de maintenir une certaine tension dans chacun de leur morceaux. Une tension qu'on parvenait à apprivoiser pour la trouver salvatrice. Long Fin Killie n'a jamais fait l'unanimité mais ceux qui ont compris la magie d'un disque comme Houdini n'en sont jamais ressorti et réécouter un tel disque aujourd'hui c'est comme rouvrir une boite pleine de trésors qu'on a jamais pu retrouver depuis.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 05-04-2013

?>