.:.Chronique.:.

Pochette

Menche, Daniel

Guts

[Editions Mego::2012]

|01 Guts 2x4|02 Guts One|03 Guts Two|04 Guts Three|

Les apparences sont souvent trompeuses. Prenez cet énième album de Daniel Menche (personnellement, j'ai arrêté de compter) et écoutez le sans le moindre recul, sans prendre la plus petite des informations et vous pourrez considérer ce disque comme une expérience noise comme il en existe des quantités astronomiques. Dans l'absolu, oui, Guts est un disque frontal, bruitiste qui semble défier le mur du son mais il n'est pas sans logique, sans raison ou dénué de tout concept. En effet, et contrairement à ces fameuses apparences, ce disque est basé autour des capacités du piano. Mais, dans le cas présent, Daniel Menche aborde la chose de le manière la plus agressive qui soit. Il pousse ici l'instrument au plus loin, jusqu'aux extrêmes, le malmenant, Menche parlant même d'« assauts », d' « attaques » de « dissections ». L'américain n'a jamais spécialement été un tendre. On peut même dire que c'est un sacré tordu. Avec Guts on peut dire qu'il cherche à dénaturer le piano ou, on peut le penser fortement, lui donner une nouvelle nature. Une nature plus brutale, plus rêche, plus frontale et qui ne laisse aucune place à un consensus mou. De toute façon, Daniel Menche ne nous a jamais habitué à cette tentation grotesque de vouloir brosser l'auditeur dans le sens du poil. En un sens, il veut provoquer chez nous des réactions qui peuvent être tout autant libératrice que sa musique. Parce que oui, il faut bien se rendre compte qu'un album comme Guts libère des forces insoupçonnées et qui n'est pas aussi destructeur qu'on aurait pu le croire. Ces élans bruitistes sont comme un souffle que l'on prend en pleine face sans que l'on puisse réagir. Mais, en même temps, c'est une grande prise d'énergie, de celle qui nous porte au-delà des convenances ou des plaisirs trop simples. Présenté comme un disque « vorace et bestial », il faudra prendre quelques précautions et être bien préparé avant d'écouter ce disque. Après, vous ne pourrez pas dire que vous n'aurez pas été prévenu.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 05-04-2013

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