.:.Chronique.:.

Pochette

Nilsen, BJ & Stilluppsteypa

Góða Nótt

[Editions Mego::2012]

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Décidément, ils n'en finissent plus de se retrouver. Grosso modo, BJ Nilsen et Stilluppsteypa sortent un album tous les ans alternant entre les labels The Helen Scarsdale Agency et les Editions Mego. Cette fois-ci ce sont les Editions Mego qui ont eu la primeur de Góða Nótt qui est sorti uniquement en vinyle (et inévitablement en digital). Chaque face possédant son morceau, ce nouveau disque a été influencé par une situation particulière. Bloqués par ce qui s'apparente être une tempête de neige Nilsen et Stilluppsteypa n'avaient rien d'autre chose à faire que d'enregistrer de la musique. Enfermés comme des rats, sans nourriture ni boisson avec comme seul compagnie leurs instruments de musique et un studio d'enregistrement qui leur tendait les bras. Les paysages enneigés, cette vision de monde unicolore, de mort blanche où le temps semble suspendu répondant à un silence glacial et presque pesant ont naturellement inspirés nos protagonistes. De toute façon, ils n'avaient guère le choix et ont tiré profit de la situation pour créer ces deux pièces conçus à partir de traitement électroniques et de field recordings (en l'occurrence ceux du moment présent à savoir le son d'une télé déréglée, ceux de l'extérieur, bruit de pas dans la neige etc...). Comme à leur habitude, BJ Nilsen et Stilluppsteypa tentent de saisir l'instant présent, d'être les spectateurs de leur propre musique, affichant des ambiances sombres et fantomatiques mais qui ne sont pas dénuées de nuances. Góða Nótt reflète bien cette idée de no man's land blanc où les paysages se distinguent mal ou difficilement mais dans lesquels on décèle une beauté unique et irrésistible. Une fois de plus BJ Nilsen & Stilluppsteypa sont au-delà de la normalité et des lieux communs. Ils perçoivent le monde avec un regard perçant et pour le moins pessimiste mais il n'est jamais dans une désespérance totale. C'est peut-être un peu le contraire. Ils se débattent toujours dans un univers hostile mais c'est de ce combat quasi permanent qu'éclot cette beauté abstraite qui n'étouffe que les âmes sensibles aux repères esthétiques limités.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 28-03-2013

A voir également :

http://www.editionsmego.com/

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