.:.Chronique.:.

Pochette

de Raymondi, Emanuele

Buyukberber Variations

[Zero Killed Music::2012]

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Avant toute chose il faut savoir qui est Oguz Buyukberber. Il le faut bien, puisque ce disque est basé sur les improvisations du clarinettiste turc. Ce dernier est surtout connu pour qui musique qui allie la musique classique européenne, le jazz et la musique traditionnelle turque. Atypique, il aura joué sur les scènes du monde entier et participé à une quarantaine d'albums. Pour autant, il reste assez méconnu du grand public, restant cantonné aux spécialistes du jazz et des musiques improvisées. Il n'en demeure pas moins que le bonhomme est éminemment respecté et que ce disque relève évidemment de l'hommage appuyé. Un hommage qui est d'autant plus facile que Buyukberber a déjà interprété des œuvres de de Raymondi. Ici c'est donc l'inverse qui se produit. De Raymondi utilise les improvisations du clarinettiste et les retravailles électroniquement, les nourrit, les transforme ou les englobe dans un sérialisme glitch du plus bel effet. Pour autant, nous sommes assez loin d'un simple exercice de collage ou d'association. De Raymondi va plus loin en faisant vraiment corps avec les divagations de Buyukberber. On n'a pas ce sentiment d'inachevé, de remixe sans profondeur ou sans réflexion sur le matériau brut. Richesse dans le propos, richesse dans l'exécution, multitude d'options et véritable symbiose entre l'acoustique et l'électronique. La nature même de ce disque est donc bien plus qu'une simple transformation ou une mutation sonore. De Raymondi fait comme si il réinterprétait les expériences de Buyukberber. Ces dernières deviennent des éléments des constructions électroniques de l'italien mais l'inverse est aussi vrai. En fait, ils ne font qu'un et ils nous apparaît difficile de les dissocier. Pour autant, le plus important n'est pas vraiment là. Buyukberber Variations est un disque envoûtant qui développe de nombreuses vibrations tout en se détachant des effets cliniques et souvent trop froids qu'on associe aux musiques électroniques avant-gardistes. L'approche de de Raymondi est donc des plus intéressante et avec cet album, il sort quelque peu de l'ombre, ses précédentes œuvres n'ayant pas eu de prolongements discographiques. Le bonhomme est manifestement à suivre.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-03-2013

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http://www.emanuelederaymondi.com/

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