.:.Chronique.:.

Pochette

Jacaszec

Glimmer

[Ghostly International::2011]

|01 Goldengrove|02 Dare-Gale|03 Pod Swiatlo|04 Evening Strains to Be Time's Vast|05 Seiden Stille|06 What Wind-Walks Up Above !|07 Only Not Within Seeing of the Sun|08 As Each Tucked String Tells|09 Windhover|

Quel beau titre. Glimmer ou autrement dit « lueur vacillante ». Et c'est bien de cela dont il s'agit avec ce quatrième album du polonais en une dizaine d'années d'activité. Jacaszec déploie ici une musique onirique où la lumière n'est justement pas aussi éclatante qu'on voudrait bien le croire. Le titre de l'album est suffisamment explicite pour que l'on comprenne que Jacaszec nous invite dans un univers, certes merveilleux mais qui a largement sa part de trouble. Là où se mêlent instruments acoustiques et électronique désincarnée, il se dégage des mélodies poétiques qui peuvent nous évoquer l'image d'une école néo-classique qui n'a pas fini d'étonner tant elle parvient à se renouveler en intégrant sans cesse des éléments modernes. Ici, on a l'impression d'une petite mécanique rêveuse qui se dérègle par moments pour laisser la place à des turbulences, de celles qui agitent votre sommeil sans pour autant vous faire sombrer dans le cauchemar. De fait, Glimmer est un disque complexe, ambigu, sombre, hivernal et qui n'est manifestement pas fait pour réchauffer les cœurs. Ceci dit, cette beauté froide teintée d'éléments abstraits est parfaitement exécutée et possède de réelles qualités sensibles. Tout en voulant être fragile, Jacaszek donne une force à sa musique du fait de son ampleur, de sa variété, de sa multitude de détails sonores. Donc oui, Glimmer est bien cette petite lumière qui vacille, qui voudrait bien trouver une sérénité dans les sentiments qu'il dégage mais il ne peut pas. Et c'est dans cette incapacité que toute la beauté de ce disque prend corps parce que Jacaszec fait en sorte de briser tous les espoirs. Glimmer est d'essence mélancolique et il ne saurait en être autrement. Mais la mélancolie a aussi ses pièges et Jacaszec les évite en ne tombant dans la pire des clichés larmoyants. Il est toujours difficile de trouver le ton juste mais Jacaszec, avec une beauté torturée, y est parvenu. On devine que cela n'a pas du être sans peine.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 06-03-2013

A voir également :

http://www.jacaszek.com/

?>