.:.Chronique.:.

Pochette

Roden, Steve

A Big Circle Drawn With the Little Hands

[Ini.itu::2012]

|01 Sixteen Hand Waiting for Rain|02 Two Hands Submerged in Water|03 Sparks From One Hand on Fire|04 Two Hands Behind Glass|05 One Hand Pressing a Pencil Against a Tree|06 Forty Hands in Anticipation of a Word|

Comme souvent avec ce genre d'artiste, Steve Roden est pluridisciplinaire. La musique n'est pas son seul centre d'intérêt (il est également attiré par la peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo...) mais elle prend clairement une bonne partie de son temps. Pour preuve sa discographie des plus fournies qui s'étale sur pas mal de labels reconnus comme Trente Oiseaux, Line, Korm Plastics ou Sonoris. Mais, comme on s'en doute, il compte également de nombreuses collaborations avec Jason Kahn, Machinefabriek, Francisco Lopez ou Brandon LaBelle. Enfin, on le connaît aussi sous le nom de In Between Noise, nom qu'il a surtout utilisé dans les années 90. Quoi qu'il en soit ce disque est parti d'une requête bien étrange. A Big Circle Drawn With Little Hands est en quelque sorte une œuvre de commande. En effet, Steve Roden a été contacté par le label belge Ini.Itu qui lui a transmis du matériel audio (sons d'objets, field recordings) afin qu'il les remodèle selon son bon vouloir et en y intégrant ce qui pouvait lui sembler le plus adéquat. La démarche est pour le moins curieuse, car d'habitude, le collecteur de sons poursuit le processus en transformant et en organisant lui même les sonorités enregistrées.

De ce fait, ce disque, masterisé par l'incontournable Taylor Deupree, a une valeur particulière parce que la matière première a du traverser l'océan afin d'être utilisée de manière complète et ce au besoin d'une réflexion libre, sans entrave qui ne laissait aucunement présager du résultat. Si ce disque a vu le jour, c'est bien que ce même résultat a convenu aux deux parties. Œuvre minimaliste, quasi clinique voire mécanique, A Big Circle Drawn With Little Hands est un disque qui prend son temps, fait s'écouler les secondes avec minutie, plaçant ses détails sonores aux moments les plus opportuns. En soit, cet album développe une certaine forme de musique ambient qui dépasse largement le cadre du field recordings. Si ce dernier est une sorte d'ouverture sur le monde ou plutôt comme le disent Benoît Deuxant et Pierre-Charles Offergeld une musique qui raconte le monde, l'ambient, qui reste néanmoins son parent le plus proche, dépasse le réel pour toucher un univers plus fantasmé et intérieur. Ici, Steve Roden est à la frontière, entre les deux, ne voulant pas vraiment choisir, mais trouvant dans cette sorte d'équilibre une beauté abstraite qui vous laisse béat. C'est tout à fait le genre de disque qui aurait pu avoir sa place dans la bible de David Toop, Ocean of Sound. Steve Roden nous rappelle que la musique ambient mêlée au field recording est bien cet océan sonore dont on sait qu'il ne connaît pas de limites.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 13-02-2013

A voir également :

http://www.inbetweennoise.com/

?>