.:.Chronique.:.

Pochette

Main

Hydra-Calm

[Situation Two::1992]

|01 Flametracer|02 Time Over (Dub)|03 Suspension|04 There Is Only Light|05 Remain|06 Feed the Collapse|07 Sever|08 Thirst|

Au commencement était Loop qui, en l'espace de trois albums entre shoegaze et psychédélisme, avait eu le temps de se montrer convaincant tout en pouvant nourrir un avenir que d'aucuns jugeaient comme tout tracé vers les portes de la gloire. Pourtant, en 1991, le groupe se sépare, se scindant en deux. Neil McKay et John Wills partent fonder The Hair and Skin Trading Company alors que Robert Hampson et Scott Dawson se concentreront sur un autre projet qui portera le nom de Main. Encore aujourd'hui, et avec le recul, c'est quand même Main qui s'est montré le plus passionnant. Et leurs premiers essais mettaient déjà la barre assez haute. Ces premières sorties se sont alors matérialisées sous la forme de deux ep que furent Hydra et Calm, eux aussi publiés sur Situation Two, label qui vivait là ses derniers instants. Ce disque, qui n'est rien moins que la réunion des deux ep, leur fera rapidement suite et même s'il n'en est pas vraiment un, il est considéré comme le premier album de Main. Il est à noter que Hydra-Calm comprend un titre bonus d'une vingtaine de minute (Thirst) qui se situe idéalement en fin de cortège. Ceci étant dit, il est difficile de ne pas faire de comparaison avec Loop. Il est clair que Main, dès le départ se veut comme une continuation de Loop mais tout en étant dans une démarche plus expérimentale et avec une volonté de durcir le propos. Moins dans la veine rock, Main se veut plus dans une orientation shoegaze voire ambiant et, par conséquent, avec une couleur assez minimaliste et/ou répétitive. Par certains côtés, Main se rapproche du Wire de l'époque, The Drill (du moins l'album qui comprend de nombreuses relectures de ce même titre), morceau emblématique du groupe de Colin Newman, est aussi de cette période et il se rapproche énormément de ce que peut faire Main. Une autre influence aussi est l'expérience que tire Robert Hampson de sa participation avec Godflesh. En effet, de 1991 à 1992, il remplace Paul Neville à la guitare et il est plus que probable que sa rencontre avec Justin Broadrick ne fut pas sans conséquences. Quoi qu'il en soit, Hydra-Calm reste encore aujourd'hui une pièce maîtresse dans cette nébuleuse aux nombreuses ramifications. Disque sombre, lourd par moment (sans que le terme lourd soit considéré de manière péjorative) mais assurément hypnotique, il demeure une influence majeure pour la scène shoegaze de l'époque. Il est aussi la base d'une discographie qui se révélera par la suite des plus passionnante. Indispensable, disions nous.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 03-02-2013

A voir également :

http://www.roberthampson.com/

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