.:.Chronique.:.

Pochette

Pseudocode

Slaughter in a Tiny Place

[Sub Rosa::2012]

|01 Growing Down|02 You're Not Alone|03 Cut Up|04 Works|05 Flesh Shop|06 Névrose obsessionnelle|07 Fight Back (The Angels)|08 I Don't Say More|09 Keep Quiet|10 Slaughter in a Tiny Place|11 Sad Song|12 Kind of a Bitch|13 Another Country|14 Refuse the Punishment|

Au premier abord avec ce disque on pourrait se dire que Pseudocode est un groupe de musique industrielle. Cependant les choses ne sont pas aussi simples. De leurs propres aveux les membres de Pseudocode ont toujours fait de la potlatch music. Et la musique des belges de Pseudocode cela a toujours été un peu cela. Un sorte d'apport de différents horizons musicaux qui forme un ensemble qui renvoie (si on s'en tient à la réflexion d'un Georges Bataille) à une « dépense pure ». Ils jouaient donc une « musique émotionnelle » avec des sons qui l'étaient tout autant parce qu'ils étaient, disaient-ils, des non musiciens. Une revendication dont ils étaient peut-être fiers mais qui était révélateur d'une époque due à l'explosion punk et de ce qui en a découlé. Pseudocode donc, enfant du punk, de l'industriel, de la no-wave, du post-punk... Ils étaient tout cela à la fois. Oui, ils étaient parce que le groupe a eu une première vie entre 1979 et 1982. Slaughter in a Tiny Place, qui ne comporte que des inédits enregistrés entre 1980 et 1982, est le reflet de cette effervescence qui s'est achevé un peu brutalement pour renaître dans les années 2000. Il faut dire que Guy-Marc Hinant va, par la suite, être partie prenante dans la création du label Sub Rosa et que Alain Neffe a lui aussi fort à faire avec sa propre structure Insane Music. Difficile de concilier les deux.

Initialement parue en 2010 en format vinyle, cette compilation d'inédits qui, aux dires de Guy-Marc Hinant, est sans doute leurs meilleurs enregistrements, a été réédité, en cd cette fois, en 2012 avec deux titres supplémentaires. Un double album qui offre alors les multiples facettes du groupe. Sur le premier disque nous avons clairement ses épanchements les plus industriels avec l'écho d'un Suicide qui n'est jamais très loin. On pense inévitablement aux efforts les plus malsains de Throbbing Gristle (voire même de Cabaret Voltaire) où le chant désincarné et torturé d'un Genesis P.Orridge fait écho à celui de Xavier Ess. Les distorsions en tout genre, un minimalisme angoissant et une sorte de psychédélisme gris et crasseux envahissent les compositions du groupe qui s'en donne ici à cœur joie. Six morceaux seulement figurent sur ce premier disque mais quels morceaux ! Pseudocode montre là que bien qu'ils étaient sûrement de ceux avec qui on pouvait espérer de grandes choses pour tout ce qui pouvait s'approcher des musiques instinctives et hors champs.

Sur le deuxième disque, la patte industrielle est moins présente et laisse progressivement place au post-punk et à la no wave. Là encore, Pseudocode impressionne car ces non-musiciens se hissent à un niveau qui nous rappellent les meilleures heures de ce souffle nouveau sur un monde musical qui avait besoin d'une réelle révolution sonore et esthétique. Au grand dam des défenseurs d'un rock plus classique qui était alors à bout de souffle, des groupes comme Pseudocode ont bousculé durablement les normes pour atteindre un point de non retour. Album, proprement incroyable, Slaughter in a Tiny Place est bien à l'image de cette époque qui fut bien plus aventureuse que ce qu'on a bien voulu dire.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 14-01-2013

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