.:.Chronique.:.

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Trapist

The Golden Years

[Staubgold::2012]

|01 The Gun That's Hanging on the Kitchen Wall|02 The Spoke and the Horse|03 Pisa|04 Walk These Hills Lightly|

Peter Marsch de la BBC n'y va pas par quatre chemin. Selon lui le dernier disque de Trapist (trio qui réunit Joe Williamson, Martin Brandlmayr et Martin Siewert) se résume de la manière suivante : « si Morton Feldman, John Cage et David Tudor avaient formé un groupe de rock, ils pourraient sonner un petit peu comme ça ». Ca, c'est de l'éloge. En même temps, l'image que le journaliste britannique donne de Trapist n'est pas spécialement exagérée. Quand on connaît, le parcours des trois musiciens, dans quelles ambiances ils ont toujours baigné, la filiation avec la sainte trinité de la musique contemporaine (enfin dans son sens large) n'est pas ridicule. On y retrouve dès lors les ingrédients qui ont fait la réputation des Feldman/Cage/Tudor. Trapist développe alors une musique en clair obscur, étirée, mécanique, expérimentale où les silences sont tout aussi importants que les séquences musicales. En ce sens, The Golden Years est assez symptomatique de ce qu'on peut considérer comme une musique d'avant-garde. Mais avant de dire que c'est un disque chiant (parce que c'est toujours un peu comme ça qu'est perçu l'avant gardisme) on peut lui laisser le bénéfice du doute. Et on fait bien car malgré son apparente lenteur, The Golden Years est aussi fait de plein de nuances qui va de l'effleurement sonore au déchirement noise. Toujours en quête de luminosité, Trapist n'est pas du genre à la chercher dans les grands espaces. Ce serait trop facile, trop commun et sans réel mérite. Alors, Trapist, au lieu d'attendre que la lumière leur vienne éclairer leur lanterne, il l'a créé lui même, la façonne, la construit pour mieux la déconstruire afin de rebâtir à nouveau. Tel un serpent de mer, le trio ondule sur des eaux toujours en mouvement et sait prendre son temps pour arriver à ses fins. The Golden Years est en ce sens un disque généreux parce qu'il est loin d'être une circonvolution sonore sans intérêt. Il y a de la profondeur mais aussi une certaine forme de rébellion. Une tempête salvatrice dans un écrin de velours...

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-01-2013

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http://trapist.klingt.org/

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