.:.Chronique.:.

Pochette

Tue-Loup

9

[Dessous de scène::2012]

|01 Le couchant|02 Les grandes marées|03 Jouvence|04 Margot|05 Mark-Mark|06 Marinette|07 Les abysses|08 En partance|09 Les chevauchées|

Sobrement intitulé 9 (on ne se demande même pas pourquoi), Tue-Loup nous revient par la grande porte. Oui, parce que ce disque est sans doute leur meilleure réalisation depuis fort longtemps et peut-être la meilleure tout court. Tout au long de son existence le groupe sarthois a été en marge de ce qui se pouvait se faire et a fait partie de cette magnifique aventure que fut Le Village Vert, label qui a, en son temps, proposé des artistes d'une trempe autrement plus racé que le franchouillard de base qui ne s'est jamais sorti des lieux communs de la chanson de supermarché. Tue-Loup fait donc partie de la génération des Autour de Lucie, Pierre Bondu, Jack the Ripper, Holden, Oboken et autres Matthieu Malon. L'exception culturelle en somme. Pourtant, même si Tue-Loup a réussi à faire son trou (toute proportion gardée bien sur), il leur manquait une pièce maîtresse, leur chef d'œuvre absolu, le disque que l'on retiendra par dessus tout. Avec 9, ils ont la pierre qui manquait à leur édifice et il n'y a pas de contestations possibles.

Délivrant neuf morceaux à la perfection intemporelle, Tue-Loup est habité par une flamme qu'on ne leur connaissait pas forcément. Album sans fausse note, éclairé par des guitares qui respirent la vie, sachant ne pas rester les deux pieds dans le même sabot, 9 est plus coloré qu'on ne l'aurait cru. Adepte des grands espaces, Tue-Loup n'est portant pas du genre à contempler le décor. Il veut en faire partie, batifole, se laisse porter par une mélancolie qui, bien souvent, se révolte pour ne pas abuser d'une lenteur trop linéaire qui n'aurait aucun intérêt. La bande à Xavier Plumas et Thierry Plouze explore plutôt les hauteurs que les bas fonds, reléguant la mélancolie à un simple prétexte ou à un préambule à un développement des morceaux qui se construisent comme peut se construire la vie d'un homme, semé d'embûches, les surmontant avec la force du désespoir, cette volonté de survie qui provoque inévitablement une forme de violence. Et la violence chez Tue-Loup est belle comme le jour, épique et ne manquant pas de souffle.

Ce souffle de la vie, Tue-Loup n'en a jamais manqué mais avec 9, le groupe fait plus que s'accrocher. Il prend conscience que les choses doivent se faire naturellement, sans calcul, avec sincérité. Il laisse parler ici ses sentiments les plus profonds et c'est en laissant s'exprimer sa nature que Tue-Loup réalise son plus bel album. Il était temps mais, de toute façon, Tue-Loup n'a jamais été un groupe pressé.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 26-12-2012

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http://www.tue-loup.com/

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