.:.Chronique.:.

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Strüder, Krotz

Dedalus Geist III

[Autoproduction::2011]

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Depuis presque dix ans Krotz Strüder, qui est aussi connu sous le nom de Julien Grandjean, écrivain de son état, sort des disques dans un absolu anonymat. Il faut dire qu'il ne les sort que par ses propres moyens et dans des tirages plus que limités. Dans ces conditions cela n'aide pas vraiment à accéder à la célébrité. On peut ici estimer qu'il ne la cherche pas non plus. Il a raison de s'en foutre quand on voit le sort que l'on réserve aux artistes qui ont autres choses à proposer que les lamentables poncifs de la chanson française. De toute façon, il est peu probable que le bonhomme s'identifie à une entité nationale puisqu'il chante autant en anglais, en français qu'en allemand. Lui, il ne demande rien à personne. Il fait son truc dans son coin et si d'aventure on parle de lui c'est tant mieux, ce sera toujours ça de pris. Le temps que l'on aura passé à écouter sera pris sur celui qu'on aura pu passer à écouter les merdes qu'on essaye de nous refourguer. Et croyez bien que faire passer dans ses oreilles les douces mélopées, parfois un peu tordue, de Krotz Strüder est très loin d'être une perte de temps. Un peu comme André Herman Düne aka Stanley Brinks, Krotz Strüder distille ses morceaux fait de bric et de broc avec une sorte de détachement proprement désarmant. Même si on croise quelques fantômes sur ce disque on saura y trouver de nombreuses sources de satisfactions nous faisant dire qu'il ne mérite pas forcément la relative ignorance qu'ont de lui la plupart des gens. Compositeur ingénieux, il sait mettre en musique non seulement ses textes mais aussi ceux de Valery Larbaud, Roger Walser, Philip Larkin, Emily Dickinson ou Emily Brontë comme un insatiable voyageur qui sait que les chemins que l'on emprunte sont souvent fait d'embûches et qu'on ne les évite pas sans en tirer les conséquences. Krotz Strüder n'a rien de l'artiste formaté pour hipsters ou pour bobos qui se la pètent en ne jurant que par un lo-fi fait par de joyeux petit barbus à lunettes rondes vêtus de pulls détendus et dont la seule lumière qu'ils connaissent est celle-ce de leurs chambres. Non, Krotz Strüder est heureusement loin de ces clichés et la profondeur de sa musique est plus que rassurante parce qu'elle ne réponds pas toujours à des codes précis préférant suivre son instinct plutôt que de recracher dix-huit fois la même chanson. Dedalus Geist III n'a l'air de rien comme ça mais c'est disque qui va bien au delà de la simple sincérité sans être prétentieux pour autant. C'est peut-être ça la justesse.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 15-12-2012

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