.:.Chronique.:.

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Fetisch Park

Trost

[Extreme::1996]

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Carla Subito, Christian Schöne de son vrai nom, et Marlon Shy ont été, pendant les années 90, l'un des chantres de la scène noise expérimentale. Pour autant, le champs d'exploration de Fetisch Park ne se limitait pas seulement à la musique et s'étendait à l'écriture de livres, à la photographie et à bien d'autres activités. Parfois ces activités se combinaient comme c'est le cas pour Trost, troisième album du duo qui a été publié sur le légendaire label australien d'Ülex Xane, Extreme. En effet, Trost propose un parallèle à une série photographique réalisée alors par Marlon Shy qui avait pour nom Kamatipura – Silent portraits from the brothels of Bombay. Evidemment, il ne s'agissait pas de faire l'apologie des bordels de Bombay et Carla Subito y associe une question fondamentale à savoir qu'il cherche à savoir ce qui se cache derrière la souffrance et l'espérance. Trost ne prétend pas répondre à cette question, c'est, comme le dit Subito, une méditation qui « a pris des années avant de donner une réponse spécifique ». Cependant, cette dernière, qui se matérialise avec Trost, n'est sûrement pas unique mais elle ouvre une porte qu'on n'avait pas osé ouvrir jusqu'ici.

Basé sur des expérimentations qui utilisent l'ambient, le bruitisme, le field recordings et le sample, Trost instaure des ambiances non pas glauques mais déstabilisantes qui, à tout le moins, parviennent à mettre mal à l'aise. Pour autant, ce disque, par ses différentes pièces et approches sonores, stimule l'imaginaire renvoyant à la série de photos de Marlon Shy. Et comment dès lors ne pas s'interroger sur ce que Carla Subito cherche au-delà de la souffrance et de l'espérance ? De fait, le voyage qui est proposé ici par Fetisch Park n'est pas de ceux que l'on offre généralement aux touristes lambdas. Ici, on va bien plus loin, au-delà de la simple expérience onirique. Fetisch Park signe ici une œuvre majeure d'une musique qui est bien plus qu'une simple évocation de la nébuleuse industrielle. En fait, le duo ne fait que suivre sa propre voie, allant là où d'autres ne vont pas tout en ne cédant pas à la tentation d'une musique trop extrême. Trost est donc un disque parfaitement réfléchi, manifestant une intelligence dans l'approche sonore qui effleure notre sensibilité avec de multiples nuances. Certes, Trost reste un album assez sombre mais il est très loin d'être linéaire et sa capacité à évoluer est proprement remarquable. Sûrement un incontournable du groupe.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 28-11-2012

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http://www.carlasubito.de/

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