.:.Chronique.:.

Pochette

Joy As A Toy

Dead As A Dodo

[Cheap Satanism::2012]

|01 Dead As A Dodo|02 Mechanical Love|03 Subway to Your Brain|04 Better Lock Your Door|05 Successful Failure|06 Zombi Safari|07 Hot Water (Acid Trip)|08 Love Zombi|09 Robots|10 Only the Mother Shot in the Head|

On était prévenu. Les belges de Joy As A Toy sont complètement cintrés. Mais des cintrés dans le monde merveilleux de la musique ce n'est quand même pas ce qui manquent et des plus atteints qu'eux, il n'est pas très difficile d'en trouver. Il n'en demeure pas moins que ces énergumènes sont dans une bonne moyenne et que ce second opus au titre amusant (il faut s'imaginer être mort comme un dodo, volatile fascinant s'il en est) et à la limite de l'absurde. En écoutant ce disque on ne peut s'empêcher de penser à Mike Patton et à ses projets les plus emblématiques comme Mr.Bungle ou Fantômas. La filiation semble assez claire mais avant d'atteindre le même niveau il y a encore un peu de boulot. Pour autant, rien ne dit que Joy As A Toy veuille obligatoirement faire dans la surenchère. Qu'on puisse faire le parallèle doit être suffisant pour eux, ce qui leur laisse suffisamment d'espace pour continuer à tracer leur propre sillon. Une chose qu'ils font plutôt bien d'ailleurs puisque Dead As A Dodo est un disque aussi singulier qu'inventif qui ne se résigne pas à être un enfant pattonesque.

Librement inspiré des films de Dario Argento (mais ça on le savait déjà depuis le split qu'ils ont réalisé avec Germanotta Youth), Dead As A Dodo réunit assez d'ingrédients pour que cela parte dans tous les sens. Cependant, cela ne veut pas dire que Joy As A Toy fait n'importe quoi et qu'ils essayent de s'en sortir en comblant ce qui aurait pu être un manque d'idées par des attentats sonores sans grand intérêts. Heureusement, Dead As A Dodo est assez éloigné de ce genre de situation inconfortable. Pour les belges, chaque morceau est un décor différent qui ouvre sur un univers cinématographique que l'on qualifie de « genre » et qui tend à se rapprocher le plus possible de l'œuvre de Dario Argento. Dérangée, forcément dérangée, la musique de Joy As A Toy est obligée de se réinventer à chaque fois pour exister pleinement. Et ils s'en donnent à cœur joie puisque les films d'Argento sont suffisamment foisonnants pour que cela soit une source d'inspiration qui touche à l'inhabituel, au surréalisme, à l'exagération (dans le bon sens du terme), au fantastique déluré. De toute quand on a un groupe qui s'engage dans un safari avec des zombies on ne peut pas s'attendre à quelque chose de tout à fait normal. Mais on a rien contre et on est prêt à en redemander.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-10-2012

A voir également :

http://www.joyasatoy.com/

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