.:.Chronique.:.

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Death Ambient

Synaesthesia

[Tzadik::1999]

|01 Pink Jewel Anemone Cluster|02 Demon Within|03 Agony & Desire|04 Sacred Obsession|05 Bone Collector|06 Carnival Death|07 Mirage of Memory|08 Synaesthesia|09 Satori|10 Schizoid|11 Sowing Death|12 The Deep|13 Way In|

De l'aveu de beaucoup de monde, le premier album de Death Ambient était des plus séduisant et s'imposait comme l'une des plus belle pièces des musiques improvisées. Il faut dire qu'on n'a pas affaire avec n'importe qui ici. Death Ambient ce n'est rien moins que l'association entre Fred Frith (Massacre, Henry Cow, Material...), Ikue Mori (DNA, Death Praxis, Electric Masada...) et Kato Hideki (Ground Zero). La crème de la crème en somme. Le challenge était alors de faire aussi bien que le disque précédent paru quatre ans plus tôt. Synaesthesia marque donc les retrouvailles du trio (qui se réunira une fois encore en 2007 pour l'album Drunken Forest), événement pour lequel personne jusqu'ici n'a eu à le regretter. En effet, Synaesthesia est bien ce que l'on pouvait attendre d'eux : un disque de musique improvisée, pas forcément conflictuelle et qui porte la marque des fortes personnalités que sont Frith, Mori et Hideki. Entre noise, haïku et jazz bancal et nocturne, Death Ambient déambule, flâne, se montre obsédant, fantomatique, se partageant entre une musique grinçante et rêveuse. Bien entendu les évocations à la mort et l'au-delà sont plus que fréquentes mais nous sommes loin d'une chevauchée morbide qui n'aurait de sens que dans le néant. Et du néant, il ne saurait en être question chez Death Ambient. Cela n'a même jamais été le cas. Nous sommes ici plus proche de l'onirique, de l'évasion vers un espace aux contours malléables fait de distorsions et/ou de tracés sonores limpides qui se meuvent en lent électrons libres. Synaesthesia est, en ce sens, une totale réussite, un voyage extraordinaire qui bascule volontairement dans un doux environnement psychotique qui ne vous laisse jamais croire que ce disque pourrait suivre la moindre ligne droite. Mais quand on connaît les trois protagonistes, on sait qu'ils n'ont jamais suivi les autoroutes de la musique. Ce second album de Death Ambient en est le parfait exemple.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-10-2012

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