.:.Chronique.:.

Pochette

Gudnadottir, Hildur

Leyfdu Ljosinu

[Touch::2012]

|01 Prelude|02 Allow the Light|

Hildur Gudnadottir est le genre d'artiste qui ne sort pas énormément d'albums (celui-ci n'étant que le troisième en quatre ans, ce qui n'est pas si mal) mais on ne compte ses collaborations qui l'ont placé comme l'une des musiciennes les sures et les plus courues des scènes expérimentales. Je mets « scène expérimentale » au pluriel tout simplement qu'il est difficile de dire qu'elle puisse être unique. Entre le noise, le néo-contemporain, la musique concrète, le field recordings, l'ambient, la musique nouvelle, les différentes combinaisons que l'on peut faire de tout cela et j'en passe largement, l'univers dans lequel gravite Hildur Gudnadottir offre mille visages et la toute jeune trentenaire en joue avec malice et subtilité. Leyfdu Ljosinu est bien dans cette optique. Mettant en scène son instrument de prédilection, à savoir le violoncelle, elle le combine avec une voix et des traitements électroniques. Enregistré dans les conditions du live avec trois micros les deux pièces présentés ici par l'islandaise ne font que nous confirmer pourquoi elle est devenue incontournable. Si on lui a ouvert les portes du label Touch ce n'est pas sans raisons.

Le premier morceau doit être compris que par le nom qu'il porte : Prélude. Avec lui on sait que ce disque ne sera pas une question de limitation du temps et de l'espace. Même si ce disque a été enregistré entre quatre murs quand on entends le résultat on ne peut que admettre que ces mêmes murs ont miraculeusement disparue. D'ailleurs le titre de l'album est sans équivoque. Leyfdu Ljosinu signifie littéralement « laissez passer la lumière ». Celle-ci nous parvient, apaisante, entourée de brume et emprunte d'une aura d'éternité qui dépasse l'entendement. Il est inutile de décortiquer la musique d'Hildur Gudnadottir. Ce serait la dénaturer, lui enlever toute sa beauté, brisant un charme, un rêve éveillé qu'on souhaiterait éternel. Pour autant, Gudnadottir est plus maligne que de nous asséner de longues nappes électroniques que tout le monde a déjà produites. Non, ce disque est plein de nuances, fait de courbures et de reliefs qui peuvent se révéler périlleux et vertigineux. Leyfdu Ljosinu arrive comme une bénédiction et Hildur Gudnadottir est bien ce genre d'artiste rare que l'on doit préserver quoi qu'il arrive.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 30-09-2012

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http://www.hildurness.com/

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