.:.Chronique.:.

Pochette

Picore

Assyrian Vertigo

[Jarring Effects::2011]

Le dernier album de Picore, combo lyonnais, est une pure merveille. On regrette simplement de ne pas avoir pu se pencher dessus plus rapidement. Picore, (à ne pas confondre avec les espagnols du même nom qui sont eux dans un registre assez différent) avec ce troisième album, peut désormais compter parmi les valeurs sures. Le groupe a mis trois ans pour réaliser ce qui semble être un disque concept mais aussi leur plus grosse prise de risque et aux réminiscences antiques. Parce que oui ce disque évoque un empire mésopotamien disparu et qui encore aujourd'hui nourrit nombre de fantasmes. De fait, la musique de Picore est ici une musique fantasmée mais en dehors des clichés moyen-orientaux que cela aurait pu supposer. Non, le groupe est résolument moderne et tient à le rester. Assyrian Vertigo est aussi le signe d'une évolution sonore pour le groupe qui a musclé son propos en le rendant plus riche, plus mystérieux (si ce n'est mystique), plus élaboré. Alors, que ce disque évoque le thème du vertige n'est pas forcément un hasard et le fait qu'on l'associe à une civilisation antique est assez bien vu. Les deux donnent cette notion de rêve, de voyage, de perte des sens, évoquant le lointain et l'inconnu. Assyrian Vertigo a un pied dans ce siècle mais aussi s'évade dans un monde qui échappe à notre logique. Picore aurait pu lamentablement se planter mais ils réussissent un beau tour de force qui s'apprécie pleinement au bout de plusieurs écoutes. Entendez par là que la richesse de l'album est tel que les écoutes successives révèlent à chaque fois des nuances nouvelles qu'on n'avait pas saisi au premier abord. Même si les deux disques n'ont rien à voir celui de Picore me fait penser à celui de Pierre Henry, le Fragments pour Artaud où il existe cette espèce de mystique sonore, civilisationnelle qui se vit comme après une consommation de peyotl. Il est à noter qu'il y a un second disque qui est accueille des remixes de gens comme Von Magnet, Meira Asher, Aucan, Larvae ou Scorn et qui accentue cette impression hallucinatoire et fascinante. Un grand disque assurément.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 06-09-2012

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