.:.Chronique.:.

Pochette

Delay, Vladislav

Vantaa

[Raster-Noton::2011]

|01 Luotasi|02 Henki|03 Lipite|04 Narri|05 Vantaa|06 Lauma|07 Levite|

En un sens ce disque est dans l'ordre des choses. En effet, on imaginait assez mal que Vladislav Delay ne produise pas un jour ou l'autre un album pour Raster-Noton. D'ailleurs tout ceux qui ont eu de l'importance dans l'électronique cérébrale devraient trouver une place sur ce label, comme une reconnaissance, une consécration du travail accompli. Bien entendu ceux-ci sont triés sur le volet et Raster-Noton n'est pas la maison des courants d'air. N'y rentre donc pas qui veut. Ainsi, Vladislav Delay peut s'estimer être un privilégié mais, en même temps, sa présence sur ce label, comme nous l'avons vu, n'est pas le fruit du hasard. Vantaa, disque véritablement organique où le vaporeux s'allie aux sinusoïdes, tient en sept morceaux quasi contemplatifs (à l'exception sans doute de Lauma qui a pris une dose d'excitant) qui fait presque oublier quand nous sommes dans un univers musical entièrement artificiel. Dépassant largement le stade de la beauté clinique Vantaa est bel et bien un organisme vivant, se mouvant avec une fausse lenteur et de manière instinctive. La musique de Delay évoque alors des paysages abstraits, de ceux qu'on n'a pas l'habitude de voir et qui montre que les formes les plus curieuses peuvent également toucher nos points les plus sensibles. Vantaa pose une fois de plus la question de l'intérêt des musiques abstraites. Cette approche qui veut que toute forme sonore a sa place dans un dispositif musical et que même s'il existe une sorte d'organisation des sons il ne saurait y avoir de limites quant à la trame qui est utilisée. De fait, rien n'oblige à ce que l'on suive obligatoirement les dogmes musicaux les plus répandus. C'est pour cela que je parlais de musique instinctive en ce qui concerne Vantaa. Delay suit une voie qui lui est propre, voyageur insatiable de paysages synthétiques qui font parfaitement illusion lorsqu'ils sont construits de par ses mains. Ouvrant des portes vers des mondes bizarres et irrationnels, Delay montre encore une fois que la matière électronique est sans limites et qu'elle s'affranchit aisément des idées préconçues. Vantaa est une démonstration parfaite, ouverte sur le rêve et le bouillennement cérébral. Quand on vous disait que chez Raster-Noton, on n'éditait pas n'importe quoi...

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 02-09-2012

A voir également :

http://www.vladislavdelay.com/site/?page_id=3170

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