.:.Chronique.:.

Pochette

Keszler, Eli

Catching Net

[Pan::2012]

|01 Cold Pin 1|02 Cold Pin 2|03 Cold Pin 3|04 Catching Net (String Quartet, Piano and Installation)|05 Cold Pin (Cyclorama Boston - Installation Recording)|06 Collecting Basin (Shreveport - Installation Recording)|

C'est un peu se jetter dans l'inconnu avec ce nouveau disque d'Eli Keszler. Ce scultpeur de sons n'en est pas à son premier coup d'essai mais, en ce qui me concerne, c'est la première fois que je suis confronté à ses expérimentations. Multi-instrumentiste, le new-yorkais a déjà collaboré avec Phil Niblock, Joe McPhee, Aki Onda, Loren Connors ou Jandek. Ici, c'est une sorte de compilation qui nous est proposé. Catching Net recueille des compositions et des installations qui ont été réalisé pendant les deux dernières années. On ne peut donc pas dire que ces pièces ont un rapport flagrant entre elles ni qu'elles suivent une logique quelconque. Mais cela n'a pas vraiment une importance capitale. Ce qui l'est, par contre, c'est que la musique d'Eli Keszler fourmille de détails, qu'elle n'a pas pour ambition d'arrondir les angles et qu'elle se concentre à demeurer dans l'abstraction et une schizophrénie la plus totale. Au cours des six morceaux (dont quatre sont des versions de Cold Pin, composition sorti l'année dernière, toujours sur Pan) Eli Keszler et les musiciens qui l'accompagne s'évertuent à déconstruire la musique pour la reconstruire au gré de distortions et de ruissellements percussifs.

On hésite alors à donner un qualificatif précis à la musique de Keszler. Elle n'est clairement pas faites d'évidences, suivant un chemin toujours imprévisible mais qui ne donne pas le sentiment d'une improvisation sauvage. Entre musique contemporaine, avant-gardisme et réflexion sur le bruit, ce double album qu'est Catching Net a cet avantage de réveiller les sens et de les mettre en alerte. Incompréhensible pour la plupart, les chevauchées de Keszler seront d'une beauté sidérante pour qui aura été initié auprès des musiques les plus âpres. Riche et varié, Catching Net est toujours en mouvement et ce mouvement est aléatoire ne répondant qu'à la volonté des musiciens. La seule certitude en ce qui concerne Catching Net c'est que ce n'est pas un album fait pour les grands extérieurs. Il se vit entre quatre murs, intensément, sans laisser transparaitre la lumière du jour. La seule lumière qui peu exister ici est artificielle et n'illumine pas tout l'espace, laissant les ombres avoir leur part déterminante dans l'évolution des distortions menées par Keszler. C'est donc une vraie découverte, de celles qui vous donne des frissons. Oui, ça existe encore.

Eli Keszler – Collecting Basin from eli keszler on Vimeo.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-08-2012

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http://elikeszler.com/

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