.:.Chronique.:.

Pochette

Petit, Philippe

Oneiric Rings on Grey Velvet

[Aagoo::2012]

Philippe Petit est le genre de type que l'on envie toujours un petit peu. L'homme à un lourd passé. Très lourd même. C'est lui qui est derrière les labels BiP-HOp et Pandemonium. C'est lui qui fait parti de Strings of Consciousness. C'est lui qui a collaboré avec des gens comme Cosey Fanni Tutti, Lydia Lunch, Cindytalk, Simon Fischer Turner, Edward Ka-Spel (Legendary Pink Dots), Jarboe, Jad Fair (Half Japanese), Eugene Robinson (Oxbow) et quantité d'autres. C'est lui qui sort des disques à tour de bras et qui a bientôt trente ans d'activisme derrière lui (et il n'est pas si vieux...). Tout ce qu'il a pu accomplir laisse rêveur et il n'est pas prêt de s'assagir. Pour preuve ce Oneiric Rings on Grey Velvet qui entame une trilogie qui porte le nom de The Extraordinary Tale of a Lemon Girl.

On l'aura compris, Philippe Petit n'est pas quelqu'un comme les autres et ses disques ne le sont pas moins. Avant toute chose, il faudra bien comprendre qu'avant d'entamer cette trilogie il faut se dire qu'il n'y aura rien de clairement conventionnel dans l'idée que s'est faite Philippe Petit de ce projet. Disque iconoclaste, fantasmagorique et largement orchestral, Oneiric Rings on Grey Velvet est un voyage halluciné plus proche de l'avant-garde et de la musique contemporaine que de toute culture populaire. Quoique... Cette trilogie est tout de même présentée comme influencé par les gialli italiens (autrement dit les films d'explotation de nos voisins transalpins), Lewis Caroll ou James Joyce. La vision de Philippe Petit est ici tout à fait libre et s'affranchit de codes trop voyants. Telle une bande son où l'imaginaire torturé et frôlant la folie, Oneiric Rings on Grey Velvet est une sorte de défi contre la normalité et les musiques trop bien balisées.

Faisant tout de A à Z, jouant de plusieurs instruments, Philippe Petit montre une fois de plus qu'il est un animal étrange de la faune musicale. Ce premier volet de la trilogie ouvre la voie à une musique étrange qui tient du domaine du rêve et de l'expérimentation sonore. Foisonnant et passionnant à la fois, Petit n'est pas encore prêt pour rentrer dans les cases. Mais l'a t'il déjà été ?

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 18-07-2012

A voir également :

http://www.philippepetit.info/

?>