.:.Chronique.:.

Pochette

Belhom, Thomas

Rocéphine

[Ici d'Ailleurs::2012]

|01 Rocéphine in the Realm|02 L'avancée en moi|03 Local Loco|04 Bryonia|05 A Meaning Shovelfull of Promises|06 Ciel|07 Champignon agréable|08 Dans ma maison|09 Rue de l'espérance|10 Go TV !|11 Parabellum in the Kingdom|12 Excursion|13 Temps allongé|14 Yumi|15 Shimmy Shanga|

Que ce fut au sein du Amor Belhom Duo, Abbc ou en solitaire Thomas Belhom a toujours eu bonne presse. Pourtant les petits bijoux qu'il a créé depuis presque quinze ans n'ont jamais vraiment dépassé le simple cercle des amateurs qui n'ont jamais fait parti de la majorité. Le succès d'estime, le plus injuste et le plus ingrat. De toute façon nous vivons dans une société qui préfère célébrer les plus gros vendeurs plutôt que les réels talents. C'est sans doute pour cela que Thomas Belhom restera dans l'ombre. Même avec Rocéphine que beaucoup, chez les spécialistes, trouvent à leur goût. Après cinq ans de silence et un Cheval Oblique insensé mais passionnant, Thomas Belhom avec un album que l'on croit plus léger et plus serein. D'ailleurs le titre de l'album est suffisament évocateur. La rocéphine, médicament qui sert à soigner diverses infections notamment respiratoires. Pourtant ce disques possède de nombreuses respirations auxquelles participent Stuart Staples et Lisa Doby mais tout cela n'a rien de souffreteux. Rocéphine a plus de l'album introspectif, qui a besoin de prendre son temps et qui le regarde s'écouler lentement comme une guérison dont on sait qu'elle sera longue.

Comme dans un état second, on se ballade dans ce disque avec l'étrange impression d'être dans un songe qui ne cherche pas à finir. Comme à son habitude, Thomas Belhom revêt l'habit du conteur discret, celui qui chuchote presque et qui, dans ce Temps allongé, apparaît comme une image floue et fantasmée. Une fois de plus, on tombe sous le charme de ce créateur d'ambiances, spécimen quasi unique en son genre qu'on souhaite préserver comme ces animaux en voie de disparition. Rocéphine n'est certes pas le genre de disque qui vous donne une pêche d'enfer. Ceci étant tout dépend ce que l'on cherche et de ce disque on peut en tirer autre chose que le simple remède de la bonne humeur passagère. Son côté vagabond où chaque détail a son importance (écoutez rien que Ciel ou Champignon agréable au casque vous verrez que c'est saisissant) vous apporte cette distance nécessaire à tout ce qui touche l'ordinaire qui peut vous pourrir l'existence. Rocéphine a donc bien des effets médicamenteux et c'est le genre de traitement qui se prend sans modération.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 12-07-2012

A voir également :

http://www.myspace.com/thomasbelhom

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