.:.Chronique.:.

Pochette

Tennis

Young and Old

[ATP/R::2012]

|01 It All Feels the Same|02 Origins|03 My Better Self|04 Traveling|05 Petition|06 Robin|07 High Road|08 Dreaming|09 Take Me to Heaven|10 Never to Part|

Bon, il serait tellement tentant d'enchainer les jeux de mots lié au sport à la petite balle jaune. Au moins ça remplirait aisément une chronique. Pourtant à l'arrivée de ce second album du duo de Denver, tout le monde aura pu y aller de son passage de bout en train. Rien de méchant là dedans bien sur et c'est plutôt amusant mais j'imagine très bien la tête de Patrick Riley et d'Alaina Moore en voyant une fois de plus un parallèle tennistique. Ca blase à force. Mais bon, faut pas s'appeller Tennis aussi. C'est comme donner le bâton pour se faire battre. Ceci étant la punition est quand même minime comparée au concert de louanges que le groupe reçoit actuellement.

Quand on écoute Young and Old on comprend aisément pourquoi. Ce disque est tout simplement un enchantement pop qui tient par sa simplicité, son raffinement mélodique et le charme indéniable du chant d'Alaina Moore. Parfaite pour le style, les chansons lui collent litéralement à la peau et l'apport de Patrick Carney, batteur au demeurant des Black Keys, et de Roger Moutenot (Yo La Tengo) n'est pas non plus étranger à cette réussite. Il faut tout de même relativiser car si dans l'ensemble Tennis touche du bout du doigt la perfection, il faut bien comprendre qu'il n'y a là rien qui bousculera l'ordre établi. Tennis, dans une logique un peu vintage, déroule une idée savoureuse de l'indie-pop. Une idée magnifiée et qu'on porte au pinacle d'une manière presque irrationnelle.

On en vient alors à la difficulté de notre temps. Sans dire forcément que c'était mieux avant, il faut se poser la question si un groupe comme Tennis est là pour renouveler le genre et apporter quelque chose de neuf. A l'évidence, la réponse est non. Pour autant et c'est le paradoxe de notre époque c'est que Tennis est parfaitement le genre de groupe qui, bien qu'il reprenne les recettes du passé, le fait aussi bien sinon mieux que leurs ainés. Ce n'est pas que Tennis soit une formation sans idées, elle est juste bien éduquée et a intégré comme une seconde peau ce qui fait l'essence de l'indie-pop. Ajoutez à cela une spontanéité intacte et on ne peut décemment pas dire que c'était fatalement mieux avant. Merci donc, Tennis.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 21-06-2012

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