.:.Chronique.:.

Pochette

Hildebrand, Gustaf

Heliopause

[Cyclic Law::2012]

|01 Cataclysmic Variable|02 Array|03 Nomadic Singularity|04 Heterodyne|05 Manifold|06 Decaying Orbit|07 Nucleus|08 Accretion|09 Vacuum Geometry|

En quelques disques Gustaf Hildebrand s'est fait un nom dans le milieu de la dark ambient. Quatre albums solos, dont Heliopause et un autre sous le pseudo de Lithivm, un avec Amanda Votta (The Floating World) sous le nom de Lacus Somniorium et enfin un dernier en collaboration avec Peter Bjärgo (Arcana). On peut même le dire, Hildebrand est devenu un des incontournables du genre. A la limite, il n'a quasiment plus rien à prouver en la matière si ce n'est de perpétuer une exploration sonore où le post-apocalyptique se mèle avec le spatial et des sentiments profondément enfouis. Sur Heliopause la musique de Hildebrand se décompose d'une manière assez simple dans le fonds. Autour de nappes électroniques sombres, lentes aux mouvements aléatoires et angoissants viennent se greffer des éléments noises, d'autres lignes électroniques qui sont commes lames finement aiguisées et une utilisation quasi systématique d'une voix monocorde, déshumanisée voire mécanique. Cela fait son effet et Hildebrand imprime une ambiance pesante mais qui n'est pas fatalement mortifère. En fait on hésite un peu. On pourrait très bien prendre Heliopause pour une expérience glauque et résolument sombre qui n'apporterait aucune autres nuances ou se dire que ce disque est une plongée à corps perdu dans le vide froid et glacial de l'univers où le silence n'est rompu par l'activité chirurgicale de l'homme.

Le choix est rapidement fait. On préfère largement la seconde solution. La première étant trop basique et trop souvent utilisée pour qu'Hildebrand se limite à cette option qui est quasiment devenu un lieux commun. La musique du suédois est d'un autre genre, plus complexe qu'il n'y paraît et qui n'est certainement pas faite d'un seul bloc. En fait, Heliopause est composé de corps vivant, se déplaçant d'une manière qui laisse penser que le temps n'a plus d'importance et que l'espace n'est qu'une immensité qui ne connait aucune limites. Si Hildebrand a choisi le nom d'Heliopause pour ce disque c'est bien parce que sa musique est comme cette limite qui empêche la progression du vent solaire sous forme de bulle et au-delà de laquelle se situe le reste de l'univers. Heliopause est ce lent voyage vers cette frontière invisible qu'on espère dépasser comme pour se libérer d'une prison qui fini par vous étouffer. Pourtant, Heliopause peut paraître lui aussi assez étouffant mais il est tout autre. Ce disque est une échappée vers un au-delà fascinant qui nous attire irrésistiblement. Un abîme dont on ne revient pas.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 13-06-2012

A voir également :

http://www.myspace.com/gustafhildebrand

http://soundcloud.com/cycliclaw/sets/gustaf-hildebrand-heliopause

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