.:.Chronique.:.

Pochette

Watson, Chris

El Tren Fantasma

[Touch::2011]

|01 La Anunciante|02 Los Mochis|03 Sierra Tarahumara|04 El Divisadero|05 Crucero La Joya|06 Chihuahua|07 Aguascalientes|08 Mexico D.F.|09 El Tajin|10 Vera Cruz|

Curieux qu'on puisse dire que Chris Watson n'a pas donné de nouvelles depuis huit ans. Depuis Weather Report, Watson a sorti au moins deux albums sous son nom (Cime Verde et A Journey South) et d'autres en collaboration avec Alec Finlay, KK Null, Z'ev, Jana Winderen et Marcus Davidson. Pas moins de six albums au total et un split avec BJ Nilsen. Ce n'est pas mal pour quelqu'un qui n'est pas sensé donner de nouvelles depuis un certain temps. Ceci étant, je suis d'accord avec mon collègue de Chroniques Electroniques (qui ferait bien de mieux lire les notes de presse qu'on lui envoie) pour dire que ce nouvel album de l'ex-Cabaret Voltaire est un chef d'œuvre. Depuis qu'il a quitté Cabaret Voltaire, Chris Watson s'est spécialisé dans le field recordings et s'est révélé être l'un des plus beaux sculpteurs sonores de se génération. Il n'est pas forcément le plus connu dans sa partie mais il force le respect rien qu'à entendre son nom.

Pour El Tren Fantasma, il s'est penché sur le monde ferrovier, collectant les sons du chemin de fer mexicain, de ce qui l'entoure et les a rentransformé au gré de ses propres fantasmes. Le travail de traitement des différents sons, leurs cheminements, les options constructives prises par Chris Watson sont tout à fait remarquables. On se rend alors compte qu'au delà de la stridence de certaines sonorités il y a aussi une rythmique, celle des machines, celles du frottement entre les rails et les wagons. Et tout autour de tout cela il y a la vie, foisonnante, ruisselante et chaleureuse. Ici, cette vie se confond avec l'engin de métal. Ce dernier fait partie des habitudes de l'homme, il lui est familier au point qu'on ne fait plus forcément attention à sa musicalité. Chris Watson propose une reconstruction où des textures électroniques s'invitent comme éléments liant le monde vivant et celui des machines. Il n'est sans doute pas le premier à y avoir pensé mais il est surement l'un de ceux qui a le mieux su s'y prendre. Justesse, équilibre et mise en relief, tels sont les impératifs de ce disque qui transpire une poésie fantasmagorique. Lucien Bertolina avait déjà tenté l'aventure ferrovière (Cœur de ferL'empreinte Digitale, 1993) mais Chris Watson est clairement un bon cran au-dessus.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 11-06-2012

A voir également :

http://www.chriswatson.net/

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