.:.Chronique.:.

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My Name Is Nobody

The Good Memories

[Lespourricords / My Little Cab::2012]

|01 Northern Memories|02 The Wrong Trainer|03 Dementia|04 Delivery Man|05 New Mexico|06 The Impossible Stroll|07 Japanes Tale|08 My Lige Traveling For Working|09 Nastassia|10 Homestretch|

Alors qu'un nouvel album de Fordamage (dans lequel, rappelons-le, Vincent Dupas aka My Name Is Nobody officie) se profile à l'horizon, Vincent Dupas précède la furie électrique de son groupe pour nous présenter, à nouveau, ses errances qui, plus que jamais portent le sceau de Will Oldham et de Bill Callahan. C'est peut-être un lieux commun que de citer ces deux là mais dans le cas de My Name Is Nobody ça nous paraît tellement évidement qu'il est bien difficile de ne pas les évoquer encore aujourd'hui. Déjà dans The Mentor ne voyais-je pas en lui un « fils spirituel » ? Avec The Good Memories c'est plus qu'une confirmation, c'est l'assurance que Vincent Dupas a pris la mesure de l'enjeu et qu'il ne peut se permettre de passer à côté de son sujet. Mais, en même temps, quelle satisfaction quand on voit le produit fini, quand on a devant soi dix chansons d'une telle teneur, quand on a un Vincent Dupas plus inspiré que jamais. Il faut bien comprendre que si The Mentor était un excellent album, The Good Memories installe définitivement My Name Is Nobody comme une valeur sure de la veine americana. Désormais, à l'instar d'Oldham et de Callahan, chacun des disques du français pourra être attendu avec sérénité sachant par avance qu'on sera toujours avec lui au-delà de tout médiocrité. Il ne s'agira aucunement de tomber dans la routine et si on reprend l'ensemble de sa discographie on voit bien que l'ennui et la répétition n'a jamais été à l'ordre du jour. Il n'en a même jamais été question.

C'est avec cette certitude qu'on se plonge à cœur perdu dans The Good Memories. Toujours aussi bien entouré avec notamment Benjamin Nérot (The Healthy Boy), Eric Pasquereau (Papier Tigre, The Patriotic Sunday), Pierre Marolleau (Fordamage), Nona Marie Invie (Dark Dark Dark), Mric Chaslerie (Room 204, Papaye), Miguel Constantino (qui produit d'ailleurs ce disque) et bien d'autres qui avaient aussi participé aux chapitres précédents, Vincent Dupas s'acoquine avec de fines gachettes. En même, il n'a pas du être difficile de les convaincre. C'est un peu la famille, des gens qui se connaissent (enfin pour la plupart) de longue date mais cela à un avantage certain. Celui de pouvoir avancer avec un collectif rodé et qui se connait quasiment sur le bout des doigts. Dans ces conditions il ne peut y avoir d'erreur de parcours et The Good Memories inspire ce respect qu'on ne doit qu'aux grands disques. Voilà c'est dit mais pouvais-je faire autrement ? My Name Is Nobody atteint ce degré de perfection qu'on ne rencontre que chez ces gens qui n'ont rien à perdre et dont la sincérité n'est pas pervertie par une célébrité dévorante. Parce que oui Vincent Dupas n'est pas une star et sa musique aussi lumineuse que crépusculaire n'est pas celle qu'on ira écouter dans des stades. Elle s'écoute chez soi ou dans des salles à taille humaine là où la proximité fonctionne au mieux. Et donc oui, My Name Is Nobody est ce monsieur tout le monde, artiste proche de nous parce que lui et sa musique sont à visage humain.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 09-05-2012

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http://thegoodmemoriesbymynameisnobody.tumblr.com/

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