.:.Chronique.:.

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Schmickler, Marcus

Rule of Inference

[a-Musik::2011]

|01 Rule of Inference I|02 Rule of Inference II|03 Rule of Inference III|04 Rule of Inference IV|05 Symposion (für Orchester)|06 Carlos|07 Asciugate i begli occhi|08 Mercè, grido piangendo|09 Correte, Amanti, a prova|

On le sait, Marcus Schmickler s'est essayé à plein de choses différentes. Que ce soit sous son nom propre, ses pseudos (Pluramon, Wabi Sabi, Sator Rotas...) ou les projets auxquels il participe (MIMEO, POL, Kontakta, Blockwart...), Schmickler est vraiment quelqu'un de pluridisciplinaire. De fait, un disque de Marcus Schmickler ne ressemble pas à un autre disque de Marcus Schmickler. Si Palace of Marvels (Queered Pitch) laissait la place à une électronique tonale et mentalement dérangée, Bari Workshop qui lui a succédé était plus porté sur les formats noisy. Rule of Inference, quant à lui, fait fi de l'électronique puisque les pièces qui le compose sont dédiées aux percussions et à la musique contemporaine. Divisé alors en trois parties, la première se consacre aux morceaux construits autour des percussions, la seconde étant faites avec des pièces rajoutées qui, elles, sont axées autour d'instruments à cordes et qui évoquent les travaux d'un Ligeti ou d'un Varese, et, enfin, la troisième sont des œuvres de Carlo Gesualdo, compositeur à l'histoire tourmentée du XV-XVIème siècle, madrigaux ré-arrangé par l'allemand. Rule of Inference, en tant que tel, ne concerne que les quatre premiers morceaux. Dynamiques, basés sur le mouvement et le relief, Rule of Inference a été conçu pour un quatuor qui s'en donne à cœur joie et qui use, outre les futs habituels, de gamelans, de claves... A chaque fois que l'on utilise des percussions on parle de rythmes tribaux, faute de mieux, formule passe partout permettant de combler le vide. En somme, c'est la solution de facilité. Pour tout dire, Rule of Inference est clairement plus dans une veine néo-contemporaine plutôt que puisé dans un tribalisme obscur. Le reste de l'album vient conforter cette idée et Schmickler a bien voulu explorer une musique plus ancrée dans le siècle et d'une culture plus occidentale même l'utilisation de gamelan fait plus référence à l'Asie. Le détail peut paraître superflue car la direction prise par Schmickler est assez nette et sans créer de bouleversement majeur dans le genre, il a su ici se rendre crédible, présentant des compositions à la nature opposée (rythme / non rythme) qui marquent indéniablement l'esprit.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-04-2012

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