.:.Chronique.:.

Pochette

Tyme. x Tujiko

GYU

[Editions Mego::2012]

|01 Akete, Akete|02 Gyungyun|03 Tropic Penguin|04 Heart Koorasete|05 Vacation of Good|06 From a Spring|07 Golden Heart|08 Ten to Sen|09 Slow Motion|10 Unforgettable Light|11 World|

Ca fait toujours plaisir de retrouver Tujiko Noriko. Depuis qu'elle nous ait apparu à l'aube des années 2000 elle ne nous a jamais vraiment déçu. Que ce soit seule ou avec d'autres comme Lawrence English, Peter Rehberg ou Aoki Takamasa, Noriko a été ce rayon de soleil dans ce monde de brutes. Ici, elle s'associe avec Tyme. aka Tatsuya Yamada pour un album quelque peu particulier. Six des morceaux ont été réalisé à une période où tout le monde s'empiffre de boustiffe et d'alcool. Une période charnière qui célèbre la fin d'une année et qui accueille la suivante. Les morceaux étaient alors envoyés à ceux qui le demandaient. Cependant six morceaux ce n'est pas assez pour constituer un album. Cinq autres ont donc été produit pour que GYU ait un peu plus de prestance. Qu'on soit bien d'accord, ces cinq titres supplémentaires ne sont aucunement des œuvres de remplissage. Elles complètent les premières et d'assez belle manière. Le duo qui se fait alors connaître sous le nom de Tyme. x Tujiko s'est spécialisé dans une pop électronique hybride, assez iconoclaste, emprunt d'une légèreté qui est tout sauf naïve. C'est un peu le paradoxe de ce disque et le (gentil) piège dans lequel il ne faut pas tomber. Sous ses aspects un peu J-pop, GYU est plus complexe qu'il n'y paraît. Usant des ficelles de l'électronica Tyme. x Tujiko parvient à un savant mélange qui fait largement penser à ces grandes cités nippones qui savent vivre la nuit, multicolores, éprises de modernité et de mouvements. Ainsi, Yamada et Noriko ne sont jamais deux fois dans le même sabot. Alors que GYU n'aurait pu être qu'une passade à l'intérêt plus que secondaire, ce disque se dévoile comme une expérience beaucoup plus fouillée que prévue. C'est le genre de pop qu'on ne rencontre que chez les japonais, faussement mutine, qui emprunte au meilleur des productions warpiennes et, disons-le, à des groupes comme le Yellow Magic Orchestra. Et c'est cette manière de tout recontextualiser cela qui est typiquement japonais, d'y insuffler un esprit qu'on ne rencontre pas ailleurs. GYU, c'est l'art et la manière de se reposer la tête avec des constructions sonores complètement tordues mais bizarrement confortable. C'est bien là, le vrai tour de force de ce duo.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 19-04-2012

A voir également :

http://www.tujikonoriko.com/

http://ttymd.com/

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