.:.Chronique.:.

Pochette

Chapelier Fou

Invisible

[Ici d'Ailleurs::2012]

|01 Shunde's Bronx|02 Cyclope & Othello|03 Vessel Arches (with Gerald Kurdian)|04 Fritz Lang|05 L'eau qui dort|06 Le tricot|07 Protest|08 P Magister|09 Moth, Flame (with Matt Elliott)|

Si Chapelier Fou s'est d'abord fait connaître par ses ep, c'est bien 613 qui lui a donné un petit coup d'accélérateur. Le bon accueil de ce premier album l'a sans doute conforté dans ce qu'il faisait confirmant ainsi que ses ep n'étaient pas un feu de paille. D'ailleurs, depuis 613, Chapelier Fou en a sorti un autre, Al Abama, montrant que le bonhomme n'était pas en manque d'idées. Et force est de constater que ce n'est toujours pas la pénurie avec ce nouvel album. Paradoxalement avec un disque qui se veut Invisible, Louis Warynski risque bien de prendre plus de place qu'il en avait déjà dans le paysage musical. Je ne dis pas « français » pour la simple et bonne raison que Warynski déclare que sa musique n'a pas de « nationalité » (cf l'interview qu'il accorde pour l'Alsace.fr). Chapelier Fou a déjà dépassé les limites de l'hexagone et, manifestment, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Clairement, Invisible enfonce le clou, Warynski peaufinant son propos, se détachant de plus en plus de la filation qu'on lui prétait à Yann Tiersen (moi le premier). D'ailleurs, à ce propos, Warynski dément qu'il se soit inspiré du brestois. Il se réclame plus volontiers de Philip Glass. On le croit volontiers mais, Invisible ne s'est pas basé sur cette seule influence.

La musique de Chapelier Fou est toujours ce carrefour où se rencontre l'acoustique, l'électronique, les chants habités et graves (en l'occurence ceux de Gerald Kurdian et de Matt Elliott). L'ombre de Philip Glass est bien là mais pas seulement. Son amour pour des labels comme Ninja Tune ou Warp se ressentent fortement ici et sans doute bien plus que sur 613. Album à multiples facettes, Invisible aime se compliquer la vie. Chapelier Fou aurait pu se contenter d'un disque aux sonorités néo-contemporaines aux souples et douces mais inoffensives. En fait, le Chapelier n'est pas aussi fou que cela. Il sait pertinement que ce n'est pas comme cela qu'il pourra se démarquer. Il pourrait faire une musique belle mais qui serait trop convenue pour qu'on y prête une réelle attention. Pour autant, Invisible ne va pas à l'affrontement, il a juste pris le parti de structures mélodiques et d'ossatures sonores plus tortueuses. En somme la prise de risque est permanente ici et l'accident est si vite arrivé. Mais d'accident, il n'y aura pas. Comme bon nombre de doux cinglés, Chapelier Fou avance avec une assurance inconsciente et celle-ci, toujours proche d'une certaine naïveté, est des plus rafraichissante. En ce sens Chapelier Fou est surement hors catégorie. Cela ne l'empêche pas de nous sortir un disque sacrément abouti.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 11-04-2012

A voir également :

http://www.chapelierfou.com/

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