.:.Chronique.:.

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Qluster

Rufen

[Bureau B::2011]

|01 Live bei More Ohr Less in Linz, August 2010|02 Live in Schönberg I, December 2010|03 Live in Schönberg II, December 2010|04 Live in Schönberg III, December 2010|

Tomber dans un new age post baba cool assure inévitablement un naufrage artistique. Certaines formation électroniques des années 70 à tendance krautrock n'ont pas su éviter ce virage à un certain moment de leur parcours. Une chose qui aurait pu arriver à Hans-Joachim Rœdelius et à Qluster (l'un de nouveaux avatar de Cluster formation qu'il avait créé avec Dieter Mœbius et dans laquelle on aura vu passer Conrad Schnitzler). Ici associé à Onnen Bock, Rœdelius a entamé une trilogie dont le premier volume est Fragen, Rufen étant le second volet et qui s'achève par Antworten paru il y a peu. N'ayant rien écouté de Qluster, il était difficile de savoir quelle orientation allait donner le duo à ce projet. Et ce n'est pas parce que j'ai eu à ma connaissance les albums de Cluster et les différents travaux de Rœdelius en solo ou en diverses collaboration que le scénario Qluster était écrit d'avance.

En effet, la crainte du spectre new age est apparu assez vite dans Rufen et on pouvait croire que le pire était à venir. Cependant, cette idée s'est révélé erroné de bout en bout. Le soulagement n'en était que plus grand. Rufen, est certes un disque de musique électronique (Rœdelius n'ayant jamais fait autre chose) mais la tendance expérimentale et abstraite prend rapidement le dessus par rapport à ce qui aurait pu être une musique pour raëliens en goguette. De toute façon on ne s'associe par avec quelqu'un qui a fréquenté des formations comme Zeitkratzer sans raisons. L'équation Rœdelius-Bock fonctionne ici autour de quatre pièces enregistrées dans les conditions du live qui manoeuvrent dans le minimalisme, les ambiances à la limite du glauque et dans un esprit très peu cartésien. Sur ce dernier point, disons que le duo est plus dans la recherche de forme sinusoïdales où les évocations spatiales et post-industrielles ne sont pas rares. Nous sommes donc assez loin de la muzak pour dépréssifs chroniques et Qluster s'attache à se rendre le plus passionnant possible. Une mission largement remplie avec ces quatres pièces riches en divagations diverses. Le duo a soigneusement évité l'écueil d'une musique sans âme et bourré de clichés. A bientôt quatre vingt ans Rœdelius est toujours à la pointe de l'avant garde et c'est plutôt rassurant.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 01-04-2012

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