.:.Chronique.:.

Pochette

Van Etten, Sharon

Tramp

[Jagjaguwar::2012]

|01 Warsaw|02 Give Out|03 Serpents|04 Kevin's|05 Leonard|06 In Line|07 All I Can|08 We Are Fine|09 Magic Chords|10 Ask|11 I'm Wrong|12 Joke or a Lie|

La vie d'un(e) artiste est souvent parsemée de rencontres. Et celles-ci sont souvent déterminantes. Dans le cas de Sharon Van Etten c'est particulièrement vrai. Ce fut d'abord celle avec Greg Weeks par l'intermédiaire de Meg Baird (Espers) qui lui mit pied à l'étriller pour la conception de son premier vrai album en 2009 (Because I Was in Love). Par la suite elle a joué avec pas mal de monde dont The Antlers et fera produire son second effort par Brian McTear. Cependant, la collaboration avec Aaron Dessner de The National sera celle qui fera couler le plus d'encre. Si les deux premiers albums avaient suscité un certain intérêt, Tramp est surement le disque qui fera passer Sharon Van Etten dans une catégorie supérieure. Au fil de ses disques la jeune femme a étoffé son propos pour aboutir à un Tramp nettement plus riche que les autres et sans doute, sa plus belle réussite. Chanteuse charismatique au timbre de voix chaleureux et solide, Sharon Van Etten sait jouer sur plusieurs tableaux. Très émotionnelle, elle sait autant être fragile qu'aussi inébranlable. Elle impressionne d'autant plus que le travail accomplit par Aaron Dressner est tout simplement du meilleur niveau.

En fait, Tramp c'est un juste milieu. Sharon Van Etten le déclarait dans une interview accordée dans le numéro 159 de Magic. Dressner était pour orchestrer le plus possible alors que l'américaine est dans une logique inverse. Sans être dans le conflit (Van Etten parle d'  « une façon très drôle de travailler ») les deux nouveaux amis sont tombés d'accord sur un juste milieu. Et c'est ce juste milieu qui tient presque du miracle. Van Etten tient le rythme tout le long de l'album sans jamais décevoir. En même temps, cela n'étonne personne. On savait qu'elle était capable d'être aussi haut mais serait-elle là où elle est si elle n'avait pas eu comme pygmalion Aaron Dessner ? Les compositions et l'interprétation sont là. Elles ne sont le fait que d'elle seule. Pour autant, on reconnaît la patte du membre de The National. Elle est ultra-présente et apporte un plus indéniable à Tramp sans qu'on ait le moins du monde à s'en plaindre. Dessner et Van Etten ont traité d'égal à égal et cela donne à l'évidence un petit bijou qui marquera durablement les esprits.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 05-03-2012

A voir également :

http://sharonvanetten.com/

http://www.myspace.com/sharonvanetten

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