.:.Chronique.:.

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Disappears

Pre-Language

[Kranky::2012]

|01 Replicate|02 Pre Language|03 Hibernation Sickness|04 Minor Patterns|05 All Gone White|06 Joa|07 Fear of Darkness|08 Love Drug|09 Brother Joliene|

Avoir en son seing quelqu'un comme Steve Shelley, ce n'est quand même pas rien. En tout cas ça attire l'attention sur vous et on vous scrutte de tous les côtés. C'est ce qui arrive à Disappears. L'arrivée de Steve Shelley ne s'est pas faite du jour au lendemain. Le Sonic Youth faisait partie de la tournée européenne de l'album précédent (Guider), remplaçant Graeme Gibson alors défaillant. Il s'avéra que ce dernier fut considéré comme défintivement sur la touche, Shelley prenant de facto sa place. Alors que l'avenir de Sonic Youth est plus que compromis, personne n'en voudra à Steve Shelley de penser à sa reconversion. Et de toute façon, même du temps où le groupe de Thurston Moore était solidement ancré dans le paysage cela n'a jamais empêché quiconque d'avoir des side-projects. Quoi qu'il en soit Pre-Language est le genre de disque que l'on affectionne. Electrique, jamais tout à fait propre, à la limite menaçant et si Steve Shelley les a rejoint ce n'est sans doute pas un hasard. En effet, Disappears est bien dans la sphère d'influence de Sonic Youth, c'est assez clair. Cependant, le groupe de Chicago se garde bien de singer complètement les new-yorkais. Si il y a ça et là quelques gimmicks que n'importe qui peut reconnaître aisément, Disappears essaye de garder une certaine distance salutaire.

Oui, elle est salutaire sinon nous aurions en face de nous un groupe sans réelle envergure et dépourvu de toute imagination. Ce n'est pas le cas ici. Disappears, et ce depuis ses débuts, a montré qu'il avait de la ressource et que leur musique savait prendre de la hauteur. De fait, Pre-Language ne peut que être dans nos petits papiers. Infaillible, on ne voit jamais l'édifice se lézarder, bien au contraire. Ce disque est plein d'assurance, aux chevauchées électriques qui tendent vers le noise. Disappears va certainement s'imposer dans les esprits dans les mois à venir. Déjà, Guider et Lux laissaient entendre que le groupe en avait sous la godasse et qu'ils ne resteraient pas longtemps aux arrières postes. C'est officiel, Disappears est entré dans la cours des grands et l'intégration comme membre à part entière de Steve Shelley est un signe supplémentaire que ce groupe n'était pas fait pour jouer plus longtemps les seconds couteaux. A vrai dire, on n'en doutait pas vraiment. La vraie surprise est que Disappears se soit méchament cassé la gueule avec ce nouvel opus. Cela aurait été inattendu et pour le moins incompréhensible. Disappears fait donc plus que sauver les apparences, ils prennent les devants.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 21-02-2012

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http://www.disappearsmusic.com/

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