.:.Chronique.:.

Pochette

M

Labo M

[.::2003]

Bon c’est vrai nous avons mis du temps. Mais était-ce une priorité ?

Ce nouveau disque de Mathieu CHEDID méritait de toute façon que l’on prenne un peu de temps. Il ne s’agit assurément pas d’un mauvais disque, mais tant de questions se posent ; M sort un « album » qui sur le concept peut séduire , mais dans quel but ? dans quel esprit ?

Il paraît, a priori, de bon ton de saluer un artiste qui après avoir connu un tel succès, et avoir mis les pieds dans la variété française (avec l’album de Vanessa Paradis notamment), décide de sortir un opus quasi instrumental, semblant ainsi faire fi des pressions du marketting et tenir levé l’étendard des libertés artistiques. Trop facile. Ne serait-on pas justement en plein cœur des hostilités commerciales ? En effet, peut –on décemment penser que quiconque aurait pu être signé pour livrer un album de bricolage sympa, et bénéficier d’un tel packaging (la qualité du papier putain !), et d’une telle publicité dans la presse ? Un tel opus n’aurait été vendu qu’à une poignée de connaisseurs et n’aurait jamais été rentable pour la maison de disque, si cette sortie ne se jouait pas sur le « fond de commerce » de l’ami M. Parce que vu le nombre d’albums vendus et sa notoriété, Labo M est financièrement viable. D’autant plus (et ce deuxième point en vient enfin à tutoyer le domaine artistique) que ce qui est annoncé comme un album instrumental, ressemble un peu à des fonds de tiroirs. Le trublion aurait pu s’enfermer en studio et nous pondre un disque abouti entre rock et musak, mais la facilité a été choisi et il s’est contenté de dépoussiérer des démos dont il ne savait pas quoi faire.

Pas très long, 11 titres, et pas toujours très neuf non plus (« tapis volant » 1&2 sont les premières maquettes du « mec hamac » issu du second album studio, de même pour « l’automat » qui n’est autre que la première musique de « nostalgic du cool » dont on peut reconnaître quelques notes), ce disque n’en est pas pour autant désagréable étant donné qu’il fait montre des capacités de musicien du jeune français en débarrassant les morceaux de la voix (très spéciale) et de textes pas toujours très intéressants.

Un album de M reste un album de M.

note : 6

par Spada, chronique publiée le 15-10-2003

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