.:.Chronique.:.

Pochette

Orcutt, Bill

How the Thing Sings

[Editions Mego::2011]

|01 No True Vine|02 The Visible Bosom|03 Lost they Book|04 How the Thing Sings|05 Till I Get Satisfied|06 Heaven Is Closed to Me Now|07 A Line From Ol'Man River|

Bon, il faut quand même que chacun en prenne conscience. Vu comment, c'est parti Bill Orcutt risque bien de nous à chaque fois, peu ou prou, le même disque. On avait déjà pu voir ce que cela pouvait donner sur A New Way to Pay Old Debts, l'album de son grand retour. Way Down South lui emboitait le pas sur les mêmes intentions et How the Thing Sings ne sera pas différents des deux autres. Est-ce qu'on doit s'en inquiéter ? Peut-être pas. L'orientation prise par Bill Orcutt ne lui permet que ce que sa guitare peut lui donner. Il ne se contente que d'elle, de son esprit d'improvisation qu'il adopte à un blues qui se voit alors complètement transformé, emporté par une logique free et décharnée. Orcutt passe ainsi pour un fou furieux, un type qui maltraite sa guitare, poussant l'auditeur dans ses derniers retranchements. Là encore, en arrière plan, on l'entend psalmodier, respirer, soupirer, presque de soulagement, après un effort intense (Till I Get Satisfied). Alors oui, How the Thing Sings est exactement dans la même veine que les deux précédents disques de Bill Orcutt mais l'expérience est toujours aussi forte. De toute évidence, Orcutt n'aime pas les lignes claires et pour lui, le blues, tel qu'il le conçoit, se doit d'être dérangé, aussi brutal qu'apaisé mais jamais installé dans des espaces confortables ce qui le viderait de toute sa substance.

Orcutt est sans doute un franc-tireur, un fou ambulant qui marche à l'instinct et avec les moyens du bord. Chacun de ses albums sont des disques ascétiques qui n'ont besoin d'aucun artifice pour exister. On retrouve cette même souffrance qu'on avait constaté sur A New Way to Pay Old Debts et on se rend bien compte qu'Orcutt ne peut plus faire autrement. Pris au piège à son propre jeu, il ne reste à l'américain qu'une seule et mince option qui consiste ne ne jamais donner l'impression de réciter. Orcutt est dans le circuit depuis suffisament longtemps. Il ne peut pas ne pas avoir cela à l'esprit. C'est probablement pour cela que ce disque, comme les autres d'ailleurs, est sans concessions, joué avec un investissement total qui va jusqu'à l'épuisement. Tant qu'il gardera cette manière de faire, il sera à l'abri de toute déconvenue, continuant de jouer une musique conflictuelle qui va au plus loin de son interprète.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 06-02-2012

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http://editionsmego.com/artist/bill_orcutt

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