.:.Chronique.:.

Pochette

Elliott, Matt

The Broken Man

[Ici d'Ailleurs::2012]

|01 Oh How We Fell|02 Please, Please, Please|03 Dust, Flesh and Bones|04 How to Kill a Rose|05 If Anyone Tells Me "It's Better to Have Loved and Lost Than to Never Have Loved at All" I Will Stab Them in the Face|06 This Is For|07 The Pain That's Yet to Come|

Il faut avouer que Matt Elliott est quelqu'un de particulier. Il est évident qu'on ne peut pas écouter l'un de ses disques comme on écoute une sucrerie pop. Quels que soient ses projets, que ce soit en solitaire ou au sein de The Third Eye Foundation, il est assez incongru de les prendre à la légère. C'est peut-être pour cela que j'ai eu un peu du mal au départ avec The Broken Man. Il fallait un temps d'accoutumance, s'habituer aux espagnolades du bonhomme et se faire à la forte mélancolie qui imprègne ce disque. De toute façon, on n'est pas pris en traitre, on sait par avance que pénétrer l'univers de Matt Elliott n'a jamais été d'une évidence nue. Il faut donc apprivoiser la chose et on ne sait si on en viendra à bout. C'est toute la difficulter d'appréhender la musique de Matt Elliott et c'est sans doute encore plus vrai avec The Broken Man. Disque épuré et particulièrement à fleur de peau, The Broken Man laisse filer le temps, permettant aux notes de vagabonder avec une tristesse hivernale qui rappelle en nous que tout être a sa part de fragilité. Résolument acoustique avec des sonorités d'ambiances en arrière plan, ce disque est hors du temps, ancré dans une période glacière mais qui n'est pas dénuée d'humanité. Le chant de Matt Elliott, qui fait furieusement penser à celui de Leonard Cohen, déambule avec une sorte de désespérance touchante. A partir de ce moment là et quand on prend conscience de tout cela, ce disque ne vous quitte plus.

The Broken Man explore un no man's land curieux, très poétique, que l'on observe comme dans un rêve et où la vie et la mort se cotoient main dans la main. Ne croyez pas que Matt Elliott soit un illuminé. Il ne l'est pas. Il est juste dans un autre logique que n'importe lequel d'entre nous. Cependant, apprécier sa musique c'est aussi commencer un peu à le connaître d'une manière presque intime et charnelle. Mais on sait que son univers n'a rien de cartésien et qu'il est toujours en train de marcher sur un film, funambule magnifique qui, encore cette fois-ci, aime jouer avec le feu. The Broken Man n'avait donc rien d'un album évident. Il se révèle par étapes, petit à petit, et quand sa beauté devient éclatante à nos oreilles c'est comme si nous achevions un périple dont les embuches se surmontent de manière tout à fait apaisée. Matt Elliott est surement un homme qui doute mais ce doute lui permet d'avancer d'un pas assuré tout en gardant cette dose de fragilité qui le rend si particulier. The Broken Man n'a donc rien d'une fantaisie, c'est juste une ode à la beauté faite par un homme qui souhaite se reconstruire.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 02-02-2012

A voir également :

http://www.myspace.com/mattelliottmusic

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