.:.Chronique.:.

Pochette

Angel

26 000

[Editions Mego::2011]

|01 Before the Rush|02 In|03 Dark Matter Leak|04 Out|05 Paradigm Shift|

Même si Pan Sonic est déclaré cliniquement mort (ce qui dans le monde de la musique ne veut absolument rien dire tant le rythme des reformations vont bon train) et que Schneider TM n'a plus sorti d'album depuis Skoda Mluvit (2006) cela n'a jamais empêché Ilpo Väisänen (Pan Sonic) et Dirk Dresselhaus (Schneider TM) de mener et de continuer leur projet annexe qui a pris le nom d'Angel un beau jour de 1999. 26 000 est le cinquième album du duo qui a rencontré le soutient de quelques pointures comme Oren Ambarchi, BJ Nilsen et Hildur Gudnadottir (ce qui, en ce qui la concerne, n'est pas la première fois). En fait, les trois musiciens ont quasiment tout fait. Gudnadottir s'occupant de jouer du violoncelle et de l'halldorophon (sorte de violoncelle trafiqué), Ambarchi s'accaparant les percussions et les lignes de guitare, laissant Nilsen faire joujou avec du field recordings. Väisänen et Dresselhaus s'occupant, eux, de coordonner le tout et d'apporter des touches électroniques et divers bruitages issus d'objets divers. Dire qu'Angel œuvre dans l'expérimental et l'abastraction électro-acoustique est un doux euphémisme. 26 000 est à la limite de l'opaque, un mur sonore qui change de forme sans cesse et qui s'emploie à associer la matière brut avec le traitement électronique ou organique le plus raffiné.

De fait on assiste ici à une association des opposés. Exercice difficile s'il en est si l'on veut aboutir à une résultat à peu près digne. Cela ne veut pas dire qu'Angel a recherché à obtenir quelque chose de consensuel. Bien au contraire. Nous sommes souvent ici dans des atmosphères oppressantes, proches de l'aggression et de l'affrontement. Rien ne présuppose une écoute confortable et Angel porte son effort sur les espaces granuleux, caverneux et distendus. Il n'est donc pas aisé de s'approprier ce disque d'autant plus qu'il n'est jamais sur le même « rythme » et se montre des plus sinieux et labyrinthique. Angel se montre des plus implacables refusant à sa musique de respirer au grand air. Pour les néophytes, il faudra s'armer de patience pour apprivoiser la bête mais une fois la chose faite, 26 000 sera un compagnon de route qui ne vous laissera pas dans la routine. Ce ne sera pas non plus un sentiment d'extase et il ne s'agit pas de savoir si ce disque à une coloration blanche ou noire. Nous sommes tout simplement dans une autre dimension.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 20-01-2012

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