.:.Chronique.:.

Pochette

McGuire, Mark

Get Lost

[Editions Mego::2011]

|01 Get Lost|02 When You're Somewhere|03 Alma|04 Another Dead End|05 Alma (Reprise) / Chances Are|06 Firefly Constellations|

Alors qu'un article de Chronic'Art, concernant ce énième disque de Mark McGuire, évoquait l'inexorable poussée mégalomanique de l'américain il ne faut pas oublier que quand on est artiste et que l'on est aussi prolifique que lui c'est une tendance qui n'est pas spécialement surprenante. Il l'est peut être vraiment mais quant à faire un tel diagnostique par rapport à sa musique, même si ce n'est pas impossible, cela paraît presque nébuleux. A la limite ce qu'on pourrait reprocher à Mark McGuire c'est justement de faire du Mark McGuire. C'est un peu le piège de ces artistes qui ne savent pas s'arrêter ou respirer. Ils enchainent les disques sans laisser vraiment le temps à l'auditeur de digérer ce qui a déjà été fait. De fait, on sait de quoi sera fait le prochain opus de McGuire comme on pouvait s'attendre à ce que pouvait contenir Get Lost. Contrairement à ce qui a été dit ailleurs un peu sèchement, ce disque n'est pas à jeter à la « poubelle ». On reconnaît aisément les obsessions et les méthodes maintes fois éprouvées par McGuire. Lignes de guitares, boucles, mélodies flottantes, électronique rêveuse, poésie sonore à la blanche luminosité... Tous les ingrédients auxquels il nous avait habitués sont réunies ici. Seules les compositions changent et elles évoluent quelques peu pour ainsi dire.

On peut reprocher à Mark McGuire de faire tout le temps le même disque, de manquer d'idées, d'en faire trop histoire de masquer la vacuité de son propos (ce qui n'est en soit qu'une probabilité). Pour autant, l'américain a toujours été des plus appliqué dans son approche. Il n'a jamais été adepte d'une musique faites dans l'à peu près mais, à contrario, refuse tout changement radical à sa manière de faire. Quelque part, Mark McGuire est un conservateur en ne faisant que prolonger et perpétuer ce qui a déjà été fait avant par lui ou par d'autres. En revanche on ne peut pas l'accuser d'escroquerie artistique (d'autres sont bien plus doués en la matière). McGuire est, en général, des plus honnêtes et ses lignes claire et psychotropes n'ont rien à envier à qui que ce soit. Alors il peut bien faire une crise de mégalomanie. Qu'est-ce que cela peut faire ? Est-ce que cela va changer quoi que soit ? Non probablement pas mais cela pourrait avoir autant d'avantages que d'inconvénients.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 15-01-2012

A voir également :

http://www.editionsmego.com/

?>