.:.Chronique.:.

Pochette

Berrocal, Jac / Fenech, David / Tazartès, Ghédalia

Superdisque

[Sub Rosa::2011]

|01 Joy Divisé|02 Human Bones|03 Cochise|04 Quando|05 David's Theme|06 Ife l'Ayo|07 Porte de Bagnolet|08 J'attendrai|09 Jac's Theme|10 Powow|11 Sainte|12 Final|

Vous avez parfois des noms de disques qui sont prédestinés. Superdisque. C'est bien de cela dont il s'agit parce que cette association entre David Fenech, Jac Berrocal et Ghédalia Tazartès a quelque chose d'inespéré. C'est le genre de réunion qu'on n'ose pas vraiment imaginer mais qu'on sait qu'elle n'est pas forcément improbable. Mais quand elle arrive on a l'impression qu'un miracle vient de se réaliser. On se jette alors avidement sur le disque qui vient conclure cette rencontre dont on ne sait encore si elle restera unique ou non. Cependant, passé le moment d'exaltation il faut toujours se demander si on ne s'est pas emballé un peu trop vite. En effet, Superdisque peut très bien être un échec cuisant. On frémit rien qu'à cette pensée. Il était dit, de toute façon, que Superdisque serait une réussite. Sinon pourquoi l'appeler ainsi ? Par ironie ? Possible après tout mais il ne faut pas voir dans ce titre une arrogance quelconque. Le trio, qui, en fait, est en activité depuis deux années, sort un premier disque qui se révèle être une sorte de parcours initiatique et dont les chemins sont fantasmés et sont des livres ouverts sur un chamanisme urbain à trois « voix ».

Oui à trois voix puisque si Ghédalia Tazartès joue avec la sienne, David Fenech et Jac Berrocal ne sauraient être de simples accompagnants. Les trois hommes font ici corps, malaxant une matière sonore qui à la frontière du punk, du jazz, de la musique nouvelle, de l'improvisation. Album envoutant, Superdisque est de ceux que l'on va écouter jusqu'au bout de la nuit. Mais la nuit a ses propres limites et on se rend compte que celles du trio les dépasse allègrement, aidé en cela par Zap Pascal qui intervient à l'accordéon pour un Porte de Bagnolet tout à fait étonnant. Mais quel morceau de ce disque n'est pas étonnant ? Le trio imprime une musique farouche, qui ne s'étiole jamais et propose un imaginaire poétique qui s'éloigne de tout esprit cartésien. Et, en effet, il ne faut pas l'être à l'écoute de Superdisque car c'est bien dans un monde parallèle que nous pénétrons avec eux, une réalité sur le fil du rasoir prète à basculer à tout moment dans un précipice sans fonds. Pour autant, Superdisque n'est pas un disque pessimiste. Bien au contraire, il est plus prompt à célébrer l'humain que le contraire. Humain, trop humain ? En tout cas, Fenech, Berrocal et Tazartès lui offre un visage qui n'a rien de banal. Superdisque, donc, un titre plutôt bien trouvé.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 26-12-2011

A voir également :

http://subrosa.itcmedia.net/en/catalogue/soundworks/jac-berrocal----david-fenech---ghedalia-tazartes.html

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