.:.Chronique.:.

Pochette

Oneohtrix Point Never

Replica

[Software Recording::2011]

|01 Andro|02 Sleep Dealer|03 Power of Persuasion|04 Remember|05 Replica|06 Nassau|07 Submersible|08 Up|09 Child Soldier|10 Explain|

Nous en sommes rendu au septième album depuis l'apparition d'Oneothrix Point Never aka Daniel Lopatin en 2007. Un bon rendement. Cependant, sortir des disques à un rythme effréné est parfois au détriment de la qualité. On croise les doigts car, jusqu'ici, Daniel Lopatin n'a pas vraiment été décevant, alignant des albums d'une rare constance et d'une qualité sans failles. Replica, ce nouvel opus, ne fera que conforter cette idée que notre homme prend soin à ne pas sortir n'importe quoi. Dans un environnement clairement ambient où Brian Eno rencontre aisément Ryuichi Sakamoto, Kraftwerk et Chris & Cosey, Replica développe une sérénité synthétique des plus organiques montrant que l'ambient n'est pas une discipline figée qui serait incapable d'être autre chose qu'une musique d'atmosphère. En tant que tel, Replica est un peu plus que cela et on pourra bien essayer de le théoriser pour l'expliquer dans un contexte de compréhension de la musique électronique moderne, le constat est bien là. Replica possède de multiples racines qui font de ce disque autre chose qu'une banale approche vaporeuse.

Pour autant, Lopatin ne nous ouvre pas complètement les portes du paradis. Certes, il applique avec intelligence des idées d'horizons différents à une ossature de base mais ces idées ne sont pas forcément les siennes. On l'a vu plus haut, Lopatin emprunte à beaucoup de monde et son talent consiste à organiser tout cela. L'entreprise n'est pas mince mais pas insurmontable. Ne vous méprenez pas. Lopatin n'est pas un escroc qui pille ses contemporains. Non, c'est un homme qui adopte et maitrise des schémas sonores pour construire un nouvel ensemble. En cela, Lopatin est un esthète mais il n'est pas encore le maitre qu'on voudrait qu'il soit. Peu à peu, il construit sa réputation et Replica est une pierre non négligeable à l'édifice. Il ne manque sans doute pas grand chose pour toucher le saint Graal. Le petit plus qui ferait qu'on dépasse le stade de la démonstration. Les efforts du new-yorkais sont certains et sont même assez ingénieux. On s'apperçoit qu'au fil de ses productions, notre homme monte en puissance (si on peut parler ainsi) et il n'est pas loin de toucher au but. Replica rentre dans ce processus d'une ambient hybride qui se cherche encore un peu mais qui est déjà terriblement belle.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 14-12-2011

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http://pointnever.com/

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