.:.Chronique.:.

Pochette

Dirty Beaches

Badlands

[Zoo Music::2011]

|01 Speedway King|02 Horses|03 Sweet 17|04 A Hundred Highways|05 True Blue|06 Lord Knows Best|07 Black Nylon|08 Hotel|

Il faudrait être complètement sourd pour ne pas comprendre qu'Alex Zhang Huntai s'est quelque peu inspiré de Suicide pour bâtir l'entité Dirty Beaches. Ceci, il faudrait être également tout autant abruti pour résumer Dirty Beaches au projet commun d'Alan Vega et de Martin Rev. De toute évidence, le nouveau disque du canadien d'adoption ne devrait pas susciter une vision aussi réductrice. Alors, oui, il y a du Suicide mais il y a aussi des influences 50's, du lo-fi, de la crasse, du noisy, du drone, de la musique que l'on n'écoute pas à l'air libre, bande son idéal pour n'importe quel film noir qui sait ce qu'aller au bout de le nuit veut dire. Dirty Beaches c'est un peu tout cela à la fois, usant et abusant du sample (The Ronettes et Françoise Hardy sont ici amplement utilisées) pour les maltraiter avec un matériel pas loin de l'obsolescence. Mais il assume et même si de son aveu, il aurait été plus agréable de travailler dans de meilleurs conditions, le résultat généré par Badlands est des plus addictif. A défaut d'une évidence nue, ce disque s'impose peu à peu et dévoile ses secrets comme un effeuillage d'une stripteaseuse plus que malsaine. Sous ses airs de crooners caverneux, Alex Zhang Huntai envoute avec aplomb mais sans aucune arrogance. Dirty Beaches est un crooner froid, méthodique, placide, parfois énervé et fiévreux, surtout quand il suit les traces d'Alan Vega. C'est tout aussi bien qu'un chanteur qui en fait des caisses pour tenter d'atteindre une émotion que seules les ménagères de moins de cinquante ans sont capables de percevoir. En tout cas, alors qu'il était dans l'ombre et faisait la joie de l'underground indie, Dirty Beaches est en train de se faire un nom. De ceux qu'on suivra avec la plus grande attention car Badlands, au-delà d'être une bête curieuse est un disque vénéneux qui vous pousse sans que vous vous en rendiez compte dans des ambiances lynchiennes pour lesquelles Alex Zhang Huntai s'est depuis longtemps damné.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 28-11-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/dirtybeaches

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