.:.Chronique.:.

Pochette

Hebden, Kieran / Reid, Steve / Gustafsson, Mats

Live at the South Bank

[Smalltown Superjazz::2011]

|01 Morning Prayer|02 Lyman Place|03 People Be Happy|04 Untitled|05 25th Street|06 The Sun Never Sets|

Ce disque pourrait être celui d'un hommage. Un hommage à Steve Reid qui nous quitté prématurément à l'aube du printemps 2010. Reid n'était pas n'importe qui. Récemment on connaissait ses collaborations avec Kieran Hebden (Four Tet) mais il avait aussi joué avec Miles Davis, Ornette Coleman, Fela Kuti, Sun Ra, Dionne Warwick, James Brown, Freddie Hubbard... Le genre de musicien auquel on s'attribue volontiers les services. On ne sait vraiment si ce disque aurait été ou non publié si Reid avait été encore en vie. En tout cas, cet enregistrement live qui a été réalisé en 2009 au Queen Elizabeth Hall du Southbank de Londre est surement l'une de ses dernières performances avant qu'il ne disparaisse. Il aurait été dommage que ce témoignage pris sur le vif n'ait pas eu une continuité sur disque. En effet, en compagnie de Kieran Hebden et de Mats Gustafsson, Steve Reid démontrait qu'il était toujours l'un des meilleurs à son poste et qu'il était manifestement encore à la pointe de l'expérimentation sonore et de l'improvisation. En effet, les six pièces qui ont été présenté à ce concert ont cet esprit d'aventure, une union instrumentale débridée que confère l'improvisation live. Même si les morceaux présents sont issus d'albums précédents, leurs interprétations laissent largement la place aux extrapolations les plus diverses.

Et il faut dire que ce trio fonctionnait à merveille. Ce Live at the South Bank est un grand moment, disons-le sans détour. Une performance passionnée et passionnante. Ce sont ce genre de concert qui vous laisse pantois et qui vous laisse tout de même un peu amer. En effet, qui sait ce que le trio aurait pu faire si Reid n'avait pas été emporté par la maladie ? Il nous reste au moins ce disque puissant, inspiré, confondant jazz, psychédélisme, électronique cérébrale et ce en se donnant les moyens d'avoir une logique dans le déroulement de chacun des morceaux. Nous n'avons donc pas l'impression d'un jeu anarchique où une brutalité trop abstraite tiendrait lieu de fil conducteur. Les trois hommes sont trop malins pour ça et ont tenter de faire jouer la cohérence entre eux. C'est une sorte de magie, une symbiose qui a fonctionnée au-delà de tout ce qu'on pouvait espérer. Hebden et Reid se connaissaient assez bien (c'est le moins que l'on puisse dire) mais l'intégration de Mats Gustafsson s'est faite sans « heurts ». Le saxophoniste suédois s'est parfaitement fondu dans le projet. Ensemble, ils forment une entité à trois tête qui parle d'une seule voix. La perfection, ici, n'est donc pas loin.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 23-11-2011

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