.:.Chronique.:.

Pochette

Bonnie 'Prince' Billy

Wolfroy Goes to Twon

[Domino::2011]

|01 No Match|02 New Whaling|03 Time To Be Clear|04 New Tibet|05 Black Captain|06 Cows|07 There Will Be Spring|08 Quail and Dumplings|09 We Are Unhappy|10 Night Noises|

Insatiable Will Oldham. Lui, c'est un peu comme le beaujolais nouveau. On en a un à peu près tous les ans mais contrairement au vin de saison, les disques d'Oldham sont loin d'avoir une qualité aléatoire. On sait grosso modo ce qu'on va y trouver et on est rarement déçu du voyage. C'est comme si on contractait une assurance tous risques. Ca évite les déceptions. Il faut dire que Will Oldham, quel que soit les avatars sous lesquels il est apparu il n'a jamais vraiment été prit en défaut. Certes, Wolfroy Goes to Town n'est peut-être pas son album le plus flamboyant mais il y a toujours cette constance, ce sens de la mélodie, de l'intemporel, cette façon bien à lui de se mettre au-dessus de la mêlée tout en restant dans l'épure. Nombreux sont ceux qui ont tenté de suivre ses pas et ce avec plus ou moins de bonheur. Cependant, Will Oldham a trop d'avance sur ses poursuivants pour qu'il soit rejoint un jour. Wolfroy Goes to Town démontre qu'il possède cette quintescence folk, cette profondeur de vue qui donne cette impression qu'il porte en lui tous les secrets de la vie. Pourtant, Will Odham n'est qu'un homme et comme tous les hommes il doute. C'est peut-être pour cela qu'il ne s'est jamais laissé allé à la facilité, cherchant toujours à donner le meilleur de lui même. Et c'est bien parce qu'il doute qu'il parvient toujours à avancer. Les hommes toujours trop surs d'eux mêmes finissent inévitablement par chuter.

Wolfroy Goes to Town est ainsi fait, bati autour d'un folk sensible, sincère et profondément humain. Ce n'est pas, ou plus, une surprise. Cela fait longtemps que l'on est habitué à cet état de fait. C'est une chance unique en même temps d'avoir sous la main un type comme lui. Cela vous permet de revenir aux fondamentaux et de reprendre conscience de ce qui est essentiel. Et essentielle, l'œuvre de Will Oldham l'est. Wolfroy Goes to Town ne fait pas exception. On l'écoute, complètement apaisé, en se ressourçant au grand air en gardant à l'esprit que l'apparente fragilité du bonhomme fait aussi toute sa force. Une fois de plus Will Odham nous touche d'une manière indiscutable comme si c'était naturel. On se détache alors de tout stress et on se met à relativiser tout ce qui nous entoure ne retenant que ce qui peut nous être cher et les gens que nous aimons. Car c'est toujours un peu ça avec Will Oldham. Un sentiment viscéral pour la vie, nos vies et ceux qui la partage. On pourra toujours dire qu'il nous fait à chaque fois le même disque. C'est sans doute vrai mais ce ne sera pas ce disque qui nous fera dire que l'américain n'est plus au niveau.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-11-2011

A voir également :

http://www.dominorecordco.com/artists/bonnie-prince-billy/

?>