.:.Chronique.:.

Pochette

Evangelista

In Animal Tongue

[Constellation::2011]

|01 Artificial Lamb|02 In Animal Tongue|03 Black Jesus|04 Bells Ring Fire|05 Hands of Leather|06 Tunnel to the Stars|07 Die Alone|08 Enter the Prince|09 Hatching|

Faire parti de la famille Constellation est un insigne honneur et y entrer n'est pas donné à tout le monde. Pour ce faire, il faut être en mesure de créer une musique singulière qui sort des sentiers battus. Depuis Hello, Voyager, Evangelista a largement prouvé que le groupe américain avait naturellement sa place sur le label. Mené par une Carla Bozulich plus habitée que jamais, In Animal Tongue, leur nouvel opus, continue à explorer les tréfonds de l'âme. Fantômatique, lancinant, tourmenté, résolument mystique, ce disque est des plus fascinants (comme les précédents, d'ailleurs). Avec une économie manifeste d'intsrumentation, Evangelista se retrouve à propager une certaine forme d'angoisse mais ne s'engage pas forcément dans des évocations trop mortifères. In Animal Tongue est sans aucun doute un disque sombre mais il laisse aussi transparaitre quelques faisceaux de lumière. En effet, il aurait été trop aisé de faire un album opaque, pesant et sans perspective d'espoir. La musique d'Evangelista est ce qu'elle est mais quand on regarde attentivement les paroles chantées avec la forte présence de Bozulich, on se rend compte qu'on est plus du côté de la vie que du néant.

Mais la vie est complexe et faites de sentiments contradictoires. En ce sens la démarche d'Evangelista est bien celle-ci. Elle ne fait guère de place à l'optimisme mais c'est d'une honnêteté sans faille. On ne cherche pas les évocations surfaites ou la bienséance d'artifices sans envergure et sans profondeur. La sobriété de In Animal Tongue ne doit pas nous leurrer. Ce disque n'a rien d'ascétique. Il reflète simplement ces sentiments torturés ou ambigus qui ont parfois de la peine à remonter à la surface et que l'on garde trop souvent pour soi. Telle une Nico dans Desertshore, Carla Bozulich traverse les brumes marécageuses pour atteindre la berge avec ce sentiment d'avoir survécu à bien des épreuves. In Animal Tongue est donc cette beauté de l'épreuve, cette musique loin de toute violence mais qui se révèle aussi vénéneuse que possible. Parce que la vie est ainsi faite et qu'elle ne ressemble pas à un épisode de sitcom quelconque. Complexe et contradictoire, disions-nous. Evangelista appuie là où ça fait mal et c'est beau.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 19-10-2011

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