.:.Chronique.:.

Pochette

Bästard

The Acoustic Machine

[Ici D'Ailleurs::2011]

Tout le monde le reconnaît aujourd'hui. Bästard fait parti de la légende, un des groupes incontournables de l'hexagone, celui que l'on cite volontiers comme une source majeure d'inspiration. Pourtant, à l'époque où le groupe d'Eric Aldéa était en activité, ce n'était pas aussi évident. Bien sur, Bästard comptait d'ardents défenseurs mais on les regardait aussi comme des bêtes curieuses, de dangereux activistes ou des rockeurs expérimentaux dont il vallait mieux leur réserver une place éternelle dans les plus profonds sous-sols du rock underground. Même si ils n'ont jamais été de gros vendeurs son rayonnement a toujours été celui d'un groupe influent qui a toujours eu le soucis d'être au plus près de sa propre vérité musicale. Bästard, groupe no-wave par excellence, aura été un rayon de soleil parmi la pénombre de la musique hexagonale. Depuis, d'autres ont repris le flambeau. Ceci étant, un retour en arrière n'est pas tout à fait inutile. De fait, on ne pourra que saluer l'initiative d'Ici D'Ailleurs d'avoir réédité The Acoustic Machine, coffret de l'intégrale du groupe qui avait connu sa première version en 2003. En 2011, donc, cette intégrale ressort sous un nouveau packaging, une nouvelle pochette, les morceaux remasterisés et connait pour la première fois une version vinyle.

Au-delà de la gratitude que l'on peut avoir pour Ici D'Ailleurs d'avoir remis en avant ce groupe, on peut aisément estimer que cela était nécessaire. Nécessaire pour faire contre poids à tout cette musique de supermarché qui finit par étouffer toutes les autres tant elle prend toute la place. Bästard fut et est encore une alternative. Le combat est sans doute inégal mais il mérite d'être mené. D'autres l'ont fait avant eux et d'autres le feront après eux. Il n'est pas question de prendre Bästard pour des sauveurs mais il est évident qu'ils sont essentiels à la conception que l'on peut se faire des musiques obliques porteuses d'une créativité qui dépasse les dogmes d'une élite bien pensante. C'est quasiment un passage obligé si on veut comprendre une partie des années 90 et de ce qui en découlera par la suite. Parce que, avec quelques autres, Bästard, par son approche inhabituelle, a ouvert une brêche qui ne s'est jamais refermée. Et pour éviter qu'elle se referme, il ne faut pas que Bästard tombe dans l'oubli. Ici D'Ailleurs veille au grain, label d'activistes passionnés et dynamiteur de banalité. Tout comme Bästard en somme.

note : 10

par Fabien, chronique publiée le 26-09-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/bastardfrance

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