.:.Chronique.:.

Pochette

Gintas K

So On

[Cronica::2010]

On peut le dire sans qu'on se fasse taper sur les doigts, Gintas K est un fidèle du label Cronica (ce qui ne l'a pas empêché d'aller voir ailleurs). Après deux albums (Lengvai / 60 x 1 Minute Audio Colours Of 2khHz Sound et Lovely Banalities) et des contributions à des compilations notre homme offre un nouvel album à la structure espagnole mais, cette fois-ci en téléchargement libre. C'est d'ailleurs un choix que Cronica à tendance à mettre de plus en plus en avant puisque bon nombre de références sont effectivement librement accessibles. Le label subsiste alors grâce aux ventes des autres disques mais aussi avec des donations. Le pari est risqué mais cela permet de donner une plus grande accessibilité à des créateurs comme Gintas K. Pour So On, Gintas K se sera évertué à batir des morceaux aux dynamiques et aux durées assez diverses. Ainsi, certaines pièces (on ne parle même pas de titres puisque la très grande majorité d'entre eux sont sans intitulés) apparaissent comme des haikus, des petits instantanés qui imaginent des détails sonores qui sont autant noises, industriels ou plongé dans l'éther. Les contours de ce disques sont donc assez flous et assez inhospitaliers mais peu à peu se dessine des lignes mélodiques qui oublient d'être droites mais qui se souviennent à coup sur que l'abstrait est l'un des meilleurs moyens pour s'ouvrir l'imagination.

En cela, Gintas K est devenu une sorte de maître en la matière. Il donne l'illusion qu'il ne suit aucune direction et se voue à l'improvisation la plus stricte. Cela n'aurait pu être que ça et cela aurait pu tout autant donner un résultat probant. Mais voilà, il ne faudrait pas sous-estimer Gintas K car celui-ci ne s'aventure pas au hasard et construit des environnements sonores ou il existe le rêgne du contraste. C'est sans doute ce qui donne cette (fausse) impression d'improvisation et de hasard électronique. Et donc, oui, So On est un disque qui joue de ces contrastes tout en s'amusant à nous faire changer d'endroit à chaque morceau. En effet, chaque composition de l'album s'ouvre sur un territoire différent mais la transition entre elles se fait sans difficultés comme si il y avait une sorte de continuité, un passage de l'un vers l'autre avec un naturel confondant. Certes, So On n'est pas un disque d'une approche facile mais sa beauté synthétique ne se discute pas vraiment. Elle ressort, telle une évidence et on se laisse porter par elle.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-09-2011

A voir également :

http://gintask.dar.lt/

http://www.myspace.com/gintask

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