.:.Chronique.:.

Pochette

dQtc

Nullachtfünfzehn

[Invaders Records::2011]

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Trio suisse dans lequel on retrouve Antoine Läng, déjà croisé dans Zwegh et Atomic Paracelze, dQtc œuvre dans une musique improvisée chaotique et cathartique qui imprime des ambiances tendues mais aussi très mouvantes. Pour arriver à un résultat probant il vaut mieux avoir une bonne maitrise. Les trois membres du groupes ont tellement bourlingués dans d'autres formations qu'on ne saurait leur faire à présent la leçon. Nullachtfünfzehn, qui pour l'allemand moyen revient à désigner tout ce qui est banal voire de mauvaise qualité (en référence à une mitrailleuse lourde utilisée pendant de nombreuses années par l'armée allemande), est, de fait, un album paradoxal. dQtc n'a, à l'évidence, rien d'un groupe qui puisse produire une musique dites normale ou de basse extraction. C'est soit la marque d'une ironie ou l'idée que cette musique improvée, toujours un peu bancale n'a rien de noble revendiquant cette image de bricolos qui avancent dans l'inconnu ouvrant de nouvelles portes unes à unes sans savoir à l'avance ce qui se trouve derrière elles. Doit-on comprendre que c'est cela pour dQtc la normalité ? Vu l'environnement dans lequel ils ont toujours plus ou moins évolué nous ne sommes peut-être pas loin de la vérité.

Sans être le groupe le plus difficile d'accès qui soit, il n'en demeure pas moins que dQtc n'a rien d'une formation banale et que sa musique n'est absolument pas sans valeurs. Ainsi, les suisses lutteraient avec leurs propres armes contre les préjugés sans donner l'impression qu'ils sont dans la compromission. Album percutant, voire machinal, Nullachtfünfzehn agit comme une arme dont on ne sait si on pourra la controler. Le problème est que nous, simples auditeurs, nous ne sommes pas les acteurs de ce disque et que nous ne pouvons pas influer sur son déroulement. Les seuls à avoir les clés sont les trois de dQtc et, irrévocablement, nous ne pouvons que les suivre. Et c'est heureux car Nullachtfünfzehn est tout à fait le genre de disque qui aime jouer avec le feu, imprimant une tension qui va bien au-delà de la simple expérimentation improvisée empruntant à la noise, le progressif, le jazz-core et tout ce que l'avant-garde aura eu de mieux à présenter. Pour faire simple, Nullachtfünfzehn est surement une pièce difficile à manier mais elle a le mérite de bousculer les habitudes en nous offrant un spectacle sonore et mélodique (et oui!) hors norme.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 19-09-2011

A voir également :

http://dqtc.bandcamp.com/

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