.:.Chronique.:.

Pochette

Bernier, Nicolas

usure.paysage

[Hrönir::2011]

|01 Paysages Articulés No 4 (2010)|02 Les Chambres de L’Atelier (2008, 10)|03 10 Passages (2008)|04 Paysages Articulés No Zéro (2010)|05 (k.krrkphsssPOW

Nous pouvons rendre grâce au label Hrönir de rééditer usure.paysage qui n'était disponible qu'en vinyle. Et encore, il faudra se dépécher puisque cette édition est limitée à 150 exemplaires et qu'elle contient un titre bonus (k.krrkphsssPOW>paysage) qui avait été enregistré en 2005 dans le cadre du festival « Trans_Canada » au ZKM de Karlsruhe. Il faut croire que la musique concrète, sorti d'un cercle restreint d'amateurs, n'intéresse guère plus de monde. Du moins, on est porté à le croire. Ceci étant, il n'en reste pas moins que usure.paysage a été reconnu comme un modèle du genre et on ne peut que souscrire à ce qui a été déjà dit ailleurs. Comme bien souvent dans la musique concrète, ce que nous propose Nicolas Bernier est une sorte de voyage extraordinaire à la rencontre de ce qu'appelait Robert Normandeau des Lieux inouïs. Ainsi, Bernier se nourrit de son environnement, des sons qui l'entoure, les collecte, les assemble créant entre eux une cohérence et un nouveau paysage qui ne rentre pas dans nos cadres de perceptions habituels. Bien entendu, ces sons on les connait, on les côtoie tous les jours mais on y prend plus vraiment garde, ils passent dans notre subconscient et sont archivés comme étant des bruits de fonds familiers. Bernier, à l'instar de pas mal de ses camarades, les mets en évidence avec éclat et nous rappelle que le quotidien urbain est une magnifique source d'inspiration.

Usure.paysage rappelle sans doute ce qui a pu être fait dans les décénnies précédentes mais ce disque démontre également que cette musique est toujours aussi moderne. Comment pourrait-il en être autrement ? La musique concrète, par essence, ne fait qu'assimiler les sonorités de son temps et fini par les retraduire dans un contexte différent et savament choisi. Nicolas Bernier ne fait pas autre chose et il le fait d'une manière tout à fait saisissante. En véritable plasticien sonore il organise des espaces où des détails viennent se confondre avec des explosions noises qui peuvent traduire cette suractivité urbaine et industrielle. La musique de Bernier s'étire, machinalement, mécaniquement, par à coups mais au travers de cette organisation complexe et parfois abrupte se dessine une sorte de fluidité, une ligne directrice qui fait se succéder de manière logique et harmonieuse tous les sons environnementaux que Nicolas Bernier a pu récolter. On peut croire à l'anarchie mais c'est juste le cours naturel des choses qui se joue devant nous avec tout ce qui peut comporter d'inattendu. Tout simplement, Bernier nous prouve que la musique concrète est en constante révolution, inscrite dans un mouvement perpétuel qui n'oublie jamais de prendre des directions multiples.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-08-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/nicolasbernier

http://www.nicolasbernier.com/

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