.:.Chronique.:.

Pochette

Pikacyu*Makoto

Om Sweet Home : We Are Shining Stars From The Darkside

[Riot Season::2011]

|01 OM Marijana FU?|02 Birth Star|03 Loid MInakata|04 Wild Rise|05 Pigamelan-Magamelan|06 The Ginger Chai|07 Pop! Spece! Jump!|08 Oscar No Hope|09 OM Marijana FU pt.2|10 MInakata Loid|11 AWA no UTA|12 Back to Your House Over the Rainbow|13 I'm in You|

Est-ce qu'une collaboration entre deux figures du rock le plus barré du Japon est en soi intéressante ? Dans l'absolu oui. Dans les faits il faut toujours y aller avec des pincettes même si l'affiche est alléchante. Et cette affiche, bien que pas vraiment inédite (cf Acid Mothers Afrirampo), qui regroupe Kawabata Makoto d'Acid Mothers Temple et Pikacyu de Afrirampo a tout pour l'être. Pourtant, en connaissant les deux personnages, on sait que rien ne sera simple et qu'il faudra un peu serrer les dents avant d'aller plus loin. Démarrant par un OM Marijana FU complêtement possédé et au son crasseux, ce disque prend rapidement une direction psychédélique où l'on voit resurgir les fantômes de groupes comme Gong ou Hawkwind. A cela le duo rajoute beaucoup de reverb mais aussi des éléments noise qui, au son de la voix psychotique de Pikacyu, font de ce disque une expérience complêtement hallucinée. Le tout fait peut-être un peu old-school, du cosmic-rock (la pochette est d'ailleurs suffisament évocatrice pour qu'on ne se trompe pas trop sur la came) à la sauce 70's que l'on croyait raisonnablement disparu, mort de sa belle mort, au champ d'honneur, appartenant désormais à l'histoire.

Mais bon, on le sait, rien n'est jamais définitivement mort et les résurgences même isolées sont toujours possibles. Nous en avons la preuve avec ce disque tout à fait honnête, fort bien exécuté, qui ne donne jamais l'impression d'une restitution scolaire d'un genre plus que trentenaire. Enfin, connaissant les deux personnages on se demande comment ils auraient pu faire quelque chose de raisonnablement sage. De fait, ce disque dépasse l'entendement de toute bienséance et s'arroge le droit d'être d'une liberté de ton qui ferait peut-être hurler les puristes. Mais on s'en fout. Il est dit que les japonais ne sont pas de vils copieurs incapables d'aller au delà de la copie carbone. OM Sweet Home est sans doute marqué par le rock choucroute mais il a aussi quelque chose de typiquement nippon, une tradition qui penche vers le fantastique le plus fantasmagorique qui peut être autant angoissant et sombre que porté vers l'immensité de l'espace. La doublette Pickacyu-Makoto, sous couvert de classicisme parvient à nous rendre une copie trouble et déstabilisante. Au fonds de nous on espérait qu'il en soit ainsi et on se voit rassurer de voir que cette collaboration n'est pas que de circonstance.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 27-08-2011

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