.:.Chronique.:.

Pochette

Cuni, Amelia & Durand, Werner

Already Awake in th Night

[Ini.itu::2011]

|01 Already Awake in the Night|02 Wavering Twilight|03 Morning Surge|

De la musique indienne je n'avais que ces clichés ringards baba cool des 60's et 70's ainsi que des images furtives de films bollywood kitschissimes. Autant dire que je ne sais rien ou pas grand chose. La démarche entreprise par Amélia Cuni, qui est une spécialiste de la musique dhrupad et qui enseigne le chant indien à l'université de Vinceza (on lui doit également des collaborations avec Terry Riley ou David Toop...), et son compagnon Werner Durand, membre du Arnold Dreyblatt's Orchestra of Excited Strings et qui a croisé le chemin de Muslimgauze, Henning Christiansen ou David Moss, m'a permis d'avoir une vision un peu plus ouverte sur la chose. Already Awake in the Night est basé sur le Hindustani Raag Lalit, un chant qui se pratique au petit matin, qui évolue peu à peu vers le Raag Todi qui, lui, ne peut être chanté qu'après le couché du soleil. Le concept ainsi posé c'est le chant d'Amélia Cuni, en résonance avec l'usage de bambou prévu à cet effet, qui va entrer en action en symbiose avec le minimalisme électronique mélé à l'utilisation de kalimba de Werner Durand et le jeu de sarode exécuté par David Trasoff.

De fait, Already Awake in the Night a quelque chose de mystique, spirituel mais qui n'a qu'un rapport vague avec une quelconque religion monothéiste même si la première pièce de l'album utilise un hymne cistercien en latin des Xème-XIIème siècles. Le texte fait référence à un dieu mais retranscrit dans le contexte de l'album est-ce que l'on parle d'une divinité actuelle et reconnaissable. Rien n'est moins sur. On reste dans l'incertitude et dans des interprétations abstraites. Ce champ d'interprétation est sans doute plus vaste et fait sans doute plus appel à une spiritualité intérieure, individuelle, un rapport que l'on a avec l'indicible, la nature, le soleil, tout ce que vous voulez et qui peut toucher à des notions qui n'ont plus rien de terrestres. La musique indienne qui rencontre ainsi le minimalisme électronique expérimental donne lieu à des instants méditatifs qui ouvrent de nouvelles portes. L'effet est alors saisissant et fait disparaître tous les présupposés sur une musique dont on aurait pu avoir une image passéiste.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 03-08-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/ameliacuni

http://www.myspace.com/wernerdurand

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